‹ Théatre choisiChapitre 105 sur 471 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

JULIE, NÉRINE, GRISPIN.

CRISPÏN.

Holà ! ho ! Laquais, valets, servantes ! Quelle diable de maison est ceci? Je n'y vois personne, et je crois que je la visiterai du haut en bas, sans trouver à qui m'adresser. Mais, voici deux femelles Eh! parbleu! c'est Julie I J'aperçois

aussi ma chère Nérine. Qu'avez-vous donc, mes adorables ? Est-ce ainsi qu'on reçoit un homme de ma sorte ? Et songez-vous qu'il y a trois ans que vous n'avez eu le bonheur de me voir ?

JULIE

G'est ton arrivée qui nous rend immobiles. Je suis si saisie, que je ne puis dire un mot.

NÉRINE

Ouf ! Ni moi non plus.

GRISPIN.

Deux filles c[ui n'ont pas la force de parler 1 Voilà un prodigieux saisissement. Est-ce la joie, ou la douleur de me voir qui vous coupe la parole?

JULIE

Où est ton maître? Que fait-il? Se porte-t-il bien ? M'aime-t-il toujours ? Parle donc.

GRISPIN.

Je n'ai pas la force de répondre. Il faut que j'embrasse Nérine, et puis je parlerai comme un livre. Allons, mon enfant, mites votre devoir. Recevez, étouffez dans vos bras votre futur époux.

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