‹ Théatre choisiChapitre 122 sur 471 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

LYGANDRE, LISIMON, LÉANDRE, VALÈRE, PASQUIN, CRISPIN.

LYCANDRE, à Lisimon.

Rien n'est plus étonnant que l'histoire que vous venez de me raconter ; et le troisième mariage de ma belle-sœur est un chef-d'œuvre d'extravagance.

LISIMON.

Vous voyez qu'elle a vécu folle, et qu'elle est morte de même. Ce qui m'étonne, c'est que Julie, qui est fort sage, soit sortie d'une mère qui l'était si peu.

LYCANDRE.

Il y aurait bien des choses i\ dire sur ce sujet; et quand nous serons en particulier, vous et moi, je vous révélerai certaines aventures secrètes, par lesquelles vous vous convaincrez qu'il n'est pas étonnant que Julie tienne si peu de ma bellesœur.

LlSIMON.

Je meurs d'envie de les apprendre, contentez ma curiosité.

Voilà trop de personnes qui nous écoutent ; l'histoire est longue, singulière, et demande encore du secret.

LISIMON, à sonflls.

Décampez, [a Léandre.] Monsieur, vous savez vivre, et ce que vous venez d'entendre exige que vous nous laissiez.

léandre.

Cela suffit.

LYCANDRE, à Lisimon.

Quand nous serions seuls, je n'ai pas le temps de vous faire un si long récit : des raisons très pressantes m'obligent à sortir dans le moment; ainsi, Messieurs, vous j^ouvez rester. Mais, ditesmoi, je vous prie, Lisimon, avez-vous connu le duc de Sorriento ?

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