SCÈNE III
LYCANDRE, LISIMON, VALÈRE, PASl^Uln.
LISIMON, à Valère qui entre.
Ahl Vous voilà, monsieur, avez-vous fait ce que je vous avais ordonné?
VALÈRE
Quoi, mon père?
LISIMON.
Vous étes-vous réconcilié avec la comlesse et avec sa fille? N'avez-vous rien oublié des démarches que je vous avais prescrites?
VALÈRE
Madame la comtesse n'est point ici, je n'ai vu qu'Angélique.
LISIMON.
Lui avez-vous fait bien des excuses de vos impertinences?
VALÈRE
Oui, mon père.
13S L OBSTACLE IMPREVL'.
LISIMON.
Les a-t-clle reçues?
VALÈRE
En douiez- vous?
Pourquoi n'en doulerais-je pas?
VALÈRE
On a versé quelques larmes. J'y ai paru sensible, j'ai fait quelques protestations, et l'on m'a cru sur ma parole.
LISIMON.
Cette fille est bien folle. Si j'étais à sa place, je ne vous pardonnerais pas si facilement.
VALÈRE
Je m'en consolerais.
LISIMON.
Avec quelle confiance il dit cela! Ne diriez-vous pas que tout le mérile du monde est renfermé dans ce personnage-là? Songez à vous défaire de cet air de fatuité, pour prendre celui d'un homme raisonnable. Si vous ne l'ôtes pas, du moins je veux que vous le paraissiez. Dès que la comtesse de la Pépinière sera rentrée, nous dresserons votre conlrat de mariage avec Angélique.
VALÈRE
Allons doucement, je vous prie, je n'ai pas encore bien pris mon parti.
LTSIMON.
Tu ne l'as pas encore pris? Va, je sais le moyen de hâter ta résolution. Marié dès ce soir, ou déshérité demain matin I Point de milieu. Délibère là- dessus, et dépêche-toi, car l'afifaire est sérieuse, et le temps presse, je l'en avertis.
Mais, mon père, avec votre permission. 11 me vient une idée que vous approuverez peut-être. Vous savez que Julie....
LISIMON.
Encore? Si jamais lu prononces son nom devant moi....
Ne vous emportez point.
LISIMON.
Vous avez raison . Il vaul mieux que nous sortions.