‹ Théatre choisiChapitre 150 sur 471 · SCÈNE DKRNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE DKRNIÈRE

CHISPIN, NKRINE, PASQUiN.

CRISPIN

Voilà donc mon maître marié. Pour moi, je vais chercher quelque jolie griselte avec qui je puisse faire souche. Je serais responsable devant la postérité, si je laissais périr la race* des Crispin. Soyons amis, Pasquiti; je te promets que je ne chasserai plus sur ton domaine.

NÉRINE, à PHsquin.

Si tu me promettais de n'être plus jaloux, je ne te regarderais plus comme un mari, et lu en serais mieux traité.

PASQUIN

Touche-là, mon enfant. Je vois bien que dans le siècle où nous sommes, quand on fait tant que de prendre une femme, il faut se résoudre à devenir commode.

FIN DK l'obstacle IMPRÉVU.

Je no contracte point, grâce à Jeur badinagc, D'unisavant orgueilleux l'air farouche et sauvage J'ai mille courlisans rangés autour de moi : Ma retraite est monLouvre, et j'y commande en roi. Mais je n'use qu'ici de mon pouvoir suprême. Hors de mon cabinet, je ne suis plus le même. Dans l'autre appartement, toujours contrarié : Ici je suis garçon, là je suis marié... Marié... C'est en vain que l'on se fortifie, Par le grave secours de la philosophie, Contre un sexe charmant que Ton voudrait braver; Au sein de la sagesse il sait nous captiver : J'en ai fait, malgré moi, l'épreuve malheureuse. Mais ma femme, après tout, est sage et vertueuse. Plus amant que mari, je possède son cœur. Elle fait son plaisir de faire mon bonheur. Pourquoi contre l'hymen est-ce que je déclame?

— Ma femme est tout aimable; oui, mais elle est ma En elle j'aperçois des défauts chaque jour, [femme. Qu'elle avait, avec art, cachés à mon amour. Sexe aimable et trompeur, c'est avec cette adresse Que vous savez des cœurs surprendre la tendresse, insensé gue j'étais! ai-je dû présumer Que le ciel pour moi seul eût pris soin de former

\ Ce qu'on ne vit jamais, une femme accomplie?

. -Je l'ai cru cependant, et j'ai fait la folie. C'est à moi, si je puis, d'éviter tous débats, De prendre patience, et d'enrager bien bas.

(// se met à lire^ le coude appuyé sur la table, en sorte que pamon entre sans être aperçu , et s'appuie sur le fauteuil d'Àriste. Ensuite Arisle dit par réflexion et toujours sans le voir : )

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