ACTE II, SCENE V. i
MÈLITE.
Je tâche de lui plaire ; il reconnaît ce soin : C'est tout mon art. Le vôtre irait un peu plus loin,
CÉLIANTK.
Vous êtes, je Tavoue, une fine hypocrite. Vous ne l'avez charmé que par un faux mérite.
MELITE
Le vôtre si solide, et par vous si vanté, A manqué sa conquête, et s'en était flatté.
cÉLiANTE. [nencer
Qui? moi? je l'ai manquée? Ah ! quelle impcrti- 11 n'a tenu qu'à moi d'avoir la préférence.
MEUTE
Vous êtes mon aînée, et vous ne Teûtes pas.
CÉLIANTE.
C'est que cette conquête eut pour moi peu d'appas.
MÉLITE
Cependant mon bonheur vous rend un peu jalouse. Vous m'aimiez comme sœur, vous haïssez l'épouse...
CELUNTE.
D'un sot,
MÉLITE
De votre part rien ne doit m étonner; Mais ce dernier trait-là ne se peut pardonner. Vous sortirez d'ici, si vous osez poursuivre.
CÉLIANTE.
Volontiers. Avec vous je ne saurais plus vivre. Vous m'outrez, m'excédez; mais^ de tous vos mé- Je me ferai raison, eussiez-vous vingt maris, [pris