SCÈNE V
ARISTE, tm livre ù la main; MÉLITE, CÉLIANTE.
CÉLIANTE le tire par le bras, et lui fait tomber son livre. Ah! monsieur, vous voilà? Je m'en vais vous ap-
[prendrc Des choses qui devront sans doute vous surprendre.
(Elle crie haut.)
Votre femme...
ARISTE
Eh ! mon Dieu I laissons ce titre-là.
î^ous sommes si souvent convenus de cela.
CÉLIANTE.
Ah I trêve, s'il vous plaît, à la délicatesse.
Destoucmfs. ^*
MÉLITE
Si pour moi d'un mari vous avez la tendresse, Vous devez...
D'un mari! C'est fort bien commencé.
De grâce, que ce mot ne soit plus prononcé. Mais de quoi s'agit-il? Sur quelque bagatelle Sans doute vous venez d'avoir une querelle?
MÉLITE
Bagatelle, monsieur!
CÉLIANTE.
Bagatelle est fort bon!
MÉLITE
Ariste, puisqu'il faut vous nommer de ce nom, Vous saurez que ma sœur...
CÉLIANTE.
Apprenez que Mélitc..,
ARISTE
Ohl vous avez raison toutes deux.
MÉLITE
Il m'irrite Par son sang-froid.
CÉLIANTE.
Raillez un peu plus à propos.
1] s'agit...
ARISTE
Il s'agit que l'on vive en repos.
Je n'examine point le fond de la querelle : Un éclaircissement souvent la renouvelle. liais, pour Pamour de moi, demandez-vous pardon.
CÉLIANTE.
Moi, qu'elle veut contraindre à quitter la maison?
ARISTE
Avez-vous pu, Mélite, avoir cette pensée?
MÉLITE
?ouvez-vous m'en blâmer, lorsque j'y suis forcée *t
ARISTE
Et par qui ?
MÉLITE
Par ma sœur. Elle ose s'oublier, Devant moi, jusqu'au point de vous injurier.
ARISTE
Si ce n'est que cela, remettez-vous, mesdames : Je ne m'offense point des injures des femmes.