ACTE V, SCENE VIH
On m'ose menacer de cette violence !
J'ai peine à retenir un trop juste courroux. Mon oncle, contre moi, dispose-t-il de vous? Mais j'ai tort, après tout, de craindre c|uemon père Veuille à cet attentat prêter son ministère : Sa bonté, sa vertu, m en sont de sûrs garants. Si vous connaissiez bien celle que je défends, Loin de vouloir, mon oncle, armer la loi contre elle. Vous-même vous seriez son défenseur fidèle. Aussitôt qu'on la voit, tout parle en sa faveur, Ses traits, sa modestie, et surtout sa douceur.
GÉRONTE
Sa douceur ! Oui parbleu ! nous en avons des preu-
[vcs.
De grâce, en faites-vous de fréquentes épreuves ?
AlUSTE,
Sans cesse.
GÉRONTE, à Lisîmon,
A quel excès va son aveuglement!
LISIMON, à Ariste,
Nous avons tout sujet d'en penser autrement.
ARISTE
De ma femme?
LISIMOX.
Oui, mou fils.
FINETTE, ù part.
L'équivoque est plaisante.
LISIMOX.
Elle est très-emportée, cncor plus imprudente; Et devant elle, enfin, je vous déclare net Que de son procédé je suis mal satisfait. ARISTE, regardant de tous côtés»
Devant elle?
GÉRONTE
Pour moi, j'en suis outré de rage.
Elle a fait à votre oncle un très-sensible outrage, Et vous avez grand tort de vanter sa douceur.
FINETTE, à part.
Je ne puis m'empècher de rire de bon cœur.
DAMON
Ariste, écoutez-moi.
AlllSTE, à Damon.
Se peut-il que Mélite....
236 LE PHILOSOPHE MARIl!î.
GÉLIANTE.
Allez, on Ta traité tout comme il le mérite.
GÉRONTE, à Ariste.
Eh bien! vous entendez?
ARTSTE.
Moi? Non, je n'entends point.
LISIMON.
Puisqu'elle ose pousser l'arrogancQ à ce point, Je vais donner les mains au dessein de mon frère.
ARISTE
Non, Mélite n'est point d'un pareil caractère. Je ne puis croire encor tout ce que l'on m'en dit; Et je vais la chercher.
GÉRONTE, à Lisimon,
A-t-il perdu l'espril?
LISIMON.
Vous allez, dites- vous, la chercher? Où?
ARISTE
Chez elle.
GÉRONTE
Oh! la philosophie a brouillé sa cervelle. Ne le voyez-vous pas?
ARISTE, apercevant Mélite, En effet, la voici.
Nous allons avec elle éclaircir tout ceci.