‹ Théatre choisiChapitre 216 sur 471 · ACTE V, SCÈNE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IX

MEUTE

Moi ! j'aurais insulté votre oncle et votre père! Eh! je n'ai jamais eu l'honneur de leur parler.

ARISTE

Quel galimatias ! /

DAMON

Je vais le démêler, Si Ton m'écoute enfin. Une pure méprise Forme l'embrouillement qui fait votre surprise j Et les vivacités de votre belle-sœur, Qu'ils prenaient pour Mélite, ont causé leur erreur.

ABISTE.

Vous auriez dû plus tôt le leur faire comprendre.

DAMON"

Et le moyen? jamais on n'a voulu m'entendre.

CÉLIANTE.

Ce que je leur ai dit, je le répéterai. \

On veut nous faire affront, et je le souffrirai! \ - On intente un procès sur votre mariage, ^^* Et je ne serai pas sensible à cet outrage ! ^ Si j'étais votre femme et c|u'on eût ce dessein. Votre oncle ne mourrait jamais que de ma main.

MÉLITE, â Lîsimon et à Gérante, De quoi suis-je coupable? Ariste peut vous dire Qu'à recevoir sa main il n'a pu me réduire. Qu'après m' avoir promis et juré mille fois Que son père avec joie approuverait son choix.

(A Lisimon,)

C'est à vous, je le vois, qu'il faut que je m'adresse, Pour vous entendre ici confirmer sa promesse. Vous aimez trop ce fils, vous aimez trop l'honneur. Pour condamner son choix et causer mon malheur.

LISIMON.

Madame, vos discours ont pénétré mon âme. Mon fils ne pouvait prendre une plus digne femme, Je le vois; et son choix entraînerait le mien ^ Si ce fils pour vous deux avait assez de bien, i a fortune dépend des bontés de mon frère. Et votre mariage excite sa colère.

11 veut absolument rompre cette union.

Ou priver votre époux de sa succession.

MÉLITE, à Gérante, Pour vous fléchir, monsieur, je n'ai point d'autres

farnics Que ma soumission, mes soupirs et mes larmes.

Confirmez moa bonheur : pour l'obtenir de vous, Je ne rougirai point d'embrasser vos genoux. ^ Mais si je presse en vain, si votre aigreur subsiste, Je ne veux point causer l'infortune d'Ariste. En brisant nos liens, rendez-lui votre cœur; -"iJn couvent cachera ma honte et ma douleur.

GÉRONTE, attendri.

Qui pourrait résister à sa voix de sirène? ida nièce, levez-vous. Me voilà fort en peine. Tantôt, désespéré de votre hymen secret. J'ai promis aux parents du marquis du Lauret Qu'il aurait tout mon bien avec ma belle-fllle, En cas que je la fisse entrer dans leur famille. Si je vous laisse Ariste, elle aura le marquis, Et ma succession, puisque je l'ai promis.

\ ARISTE

Mon oncle, vous pouvez accomplir vos promesses ! Mélite me tient heu de toutes vos richesses.

Page 1