SCÈNE II
LYCANDRE.
De la porte?
L*OLIVE
Bon I du milieu de la rue.
LYCANDRE.
Souvent?
L*OLIVE
A chaque instant.
LYCANDRE.
Et tu n'as autre chose à me dire?
l'olive.
Non, Monsieur.
LYCANDRE, d'un ton furieux.
Retire-toi, maraud, retire- toi ; et ne te présente jamais devant mes yeux I
l'olive.
Est-ce ma faute, à moi, si on a battu des mains?
LYCANDRE,
Tu n'es qu'un oiseau de mauvais augure, qui ne m'annonce jamais que de tristes nouvelles.
l'olive.
Tenez, Monsieur, il y en aura peut-être de meilleures dans .cette lettre, qu'on vient de me donner pour vous, lorsque je suis rentré.
LYCANDRE.
Donne, et sors au plus vite; je ne saurais te souffrir,
l'olive, à part.
Je crois qu'il a le diable au corps. Le bonheur d'autrui le désespère. Si j'avais entendu siffler, il m'aurait embrassé de tout son cœur.
LYCANDRE.
Que dis-tu?
l'olive.
Je dis que je voudrais de tout mon cœur qu'on eût sifflé la pièce nouvelle.
LYCANDRE,
Tu le voudrais de tout ton cœur?
l'olive.
Oui, Monsieur,
Ah! voilà du sentiment. Va, je te pardonne; mais, une autre fois, prends mieux garde à ce que
tu diras. Laisse-moi seul, et ne manque point de m'avertir quand la compagnie sera rentrée.