SCÈNE III
LYCANDRK seul.
Ce maroufle me jette dans une inquiétude mortelle. J'aurais mieux fait d'aller voir la pièce, j'en saurais à présent le succès. Oui, mais si, par malheur, elle a réussi, je serais mort au dénouement. Le récit frappe bien moins que la chose. Des battements de mains entendus du milieu de la rue I Hum ! Mais c'est un sot qui parle. Vous verrez au'il aura pris le bruit des sifflets pour des applaudissements! Je m'en flatte encore; et j'ai de bons amis dans le parterre : ils n'auront pas souffert qu'un nouveau débarqué soit venu m'offusquep. Je n'en puis plus. Je suis sur les épines. 11 faut lire cette lettre pour faire diversion. Bon : c'est de mon correspondant de Versailles. Voyons ce qu'il m'écrit.
(il se met dans un fauteuil, et Ht.)
« Voici bien des nouvelles, mon cher ami, je « me flatte qu'elles vous amuseront. Nous avons « de nouveaux maréchaux de France; savoir: « messieurs... »
Eh! morbleu! qu'ils jouissent de leur gloire, sans que leurs noms m étourdissent l'oreille : je veux les ignorer I (n lit.)
« Je vous enverrai demain la liste des lieute- « nants généraux, des maréchaux de camp, et des « brigadiers, que le Roi vient de faire.... »
Je m'en passerai bien. Que leurs amis se réjouissent de leur avancement; pour moi, je ne m'en réjouirai pas, sur ma parole !
(n lit.)
« Tout le monde applaudit à la justice qu'on « vient de rendre à beaucoup d'officiers de mérite. »
De mérite? Je le veux croire.
(n lit.)
<c Mais il y a quelques gens qui se plaignent « d'être oubliés. »