LE MARQUIS, ANGÉLIQUE, NÉRINE
ANGÉLIQUE
Je suis charmée de vous trouver ici : j*ai bien des choses à vous dire en peu de moments. Nous arrivons de la comédie, ma tante, ma sœur et moi.
NÉRINE
Nous savons cela. Hé bien?
Hé bien, matante s'est enfermée dans son cabinet, pour lire des lettres qu'elle vient de recevoir, et pour s'entretenir avec le notaire qui l'attendait depuis une heure. Lycandre est sorti pour un instant, à ce qu'on m'a dit, et va bientôt nous venir joindre avec ma tante; c'est pourquoi profilons de cette heureuse occasion, et dépôchonsnous de nous parler.
LE MARQUIS
Nous sommes dans un grand péril, il ne tient qu'à Lycandre de vous obtenir ; et si, malheureusement, il se déclare pour vous, dès ce soir, je vous perds.
ANGÉLIQUE
Rassurez-vous, feignez aussi bien que moi ; et je vous jure que nous n'avons rien à craindre. J'ai si bien joué mon rôle, depuis quelques jours, que ma tante me soupçonne d'avoir autant de penchant pour Lycandre, que d'indifférence pour vous. Secondez-moi ; dites que vous en voulez à ma sœur^ et vous m'obtiendrez infailliblement.