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SCÈNE X

BÉLISE

Et je VOUS le dis pour la mille et unième. Nous signerons le contrat avant que de nous mettre à table : demain, nous ferons la noce; et, après-demain, s*il vous plaît, nous irons ensemble au Philosophe marié,

LYCANDRE.

Oh ! pour cet article-là, vous m'en dispenserez.

Vous y viendrez, ou je ne signe point.

LYCANDRE.

A quelle épreuve mettez-vous ma complaisance!

BÉLISE

Vous y battrez des mains, qui plus est.

LYCANDRE.

Je battrai des mains?... au Philosophe marié? à un ouvrage que je déteste? Avec votre permission, je n'en ferai rien.

BÉLISE

, Vous n'en ferez rien? Voilà donc les égards :.y{ que je dois attendre de vous ? Quoi I même avant ■ ■'"^ la noce, vous le prenez sur ce ton-là? Pour

une bagatelle? vous me la refusez? Et que ne

me refuserez-vous donc point, quand nous serons

mariés?

LYCANDRE.

Eh bien, voilà qui est fait. J'irai au Philosophe, et je battrai des mains, (a part.) J'enrage!

BÉLISE

Ah I voilà qui me plaît ! Vous m'assurez aussi que vous y rirez de tout votre cœur?

LYCANDRE.

Quand il s'agirait de ma vie, je ne le pourrais pas.

BÉLISE

Oh ! vous rirez.

LYCANDRE, en colère.

Je ne rirai pas !

BÉLISE

Vous pleurerez donc? Car il y a dans la pièce des endroits qui font pleurer.

LYCANDRE.

Attendez; j'imagine un moyen de nous accom-

moder. Je pleurerai quand les autres riront ; et ie rirai quand les autres pleureront. Voilà ce que l'ouvrage mérite, et ce que je puis faire pour votre service.

BÉLISE

Point de mauvaises plaisanteries. Vous ferez comme moi, ou je ne vous le pardonnerai pas.

LYCANDRE.

Hé bien, je vous obéirai, (a part.) Quel martyre !

BÉLISE

Pour vous récompenser de votre complaisance, je vous promets, moi, une chose qui vous fera plaisir.

Ah! vous me charmez. Que me promettez* vous?

BÉLISE

C'est que vous souperez, ce soir, avec l'auteur de la pièce nouvelle.

LYCANDRE.

Moi, souper avec lui ! J'aimerais mieux sou] avec le diable I Je n'en ferai rien, très absolumeu.

BÉLISE

Adieu, Monsieur. Je suis bien aise que cette petite occasion m'ait procuré celle de vous mieux connaître. C'est une épreuve que j'ai voulu faire avant que de signer le contrat. J'en suis contente ; et je vais trouver le marquis.

LYCANDRE,

Le marquis? pourquoi faire?

BÉLISE

Pour lui dire que je vous cède à ma sœur, et qu'il ne tiendra qu'à lui de m'épouser. Je sais qu'il m'aime, et je vais le rendre le plus heureux homme du monde.

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