ACTE I, SCENE lA
Ma mère a-t-elle eu soi a de me cacher mon sort? Mon père est-il vivant?
LYCANDRE.
Il respire, il vous aime, Et viendra do ce lieu vous retirer lui-même.
LISETTE
Et pourquoi si longtemps m'abandonner ainsi?
LYGANDRB.
Vous saurez ses raisons. Mais demeurez ici Jusqu'à ce qu'il se montre, et gardez le silence C'est un point capital.
LISETTE
Moi, d'illustre naissance?
Ab! je ne vous crois point, si vous n'éclaircissez Tout ce mystère à fond.
LYGANDRB.
Non : j'en ai dit assez.
Pour savoir tout le reste, attendez votre père. Adieu. Mais dites-moi, le comte de Tufière Demeure-t-il céans?
LISETTE
Oui, depuis quelques mois.
LYCANDRE.
Il faut que je lui parle.
LISETTE
Ah! monsieur, je prévois Qu'il vous recevra mal en ce triste équipage ; Car on me l'a dépeint d'un orgueil si sauvage...
LYCANDRE.
Je saurai l'abaisser.
LISETTE
Il vous insultera.
LYCANDRE.
J'imaçine un moyen qui le corrigera.
Jusqu au revoir. Songez qu'une naissance ilhistre
Des sentiments du cœur reçoit son plus beau lustre :
Pour les faire éclater il est de sûrs moyens ;
Et si le sort cruel vous a ravi vos biens,
D'un plus rare trésor enviant le partage,
Soyez riche en vertus : c'est là votre apanage.