SCÈNE XI
LE COMTE, PASQUIN, LAFLEUR, cinq autres
LAQUAIS
LE C^^TE entre f marchant à grands pas et la tête levée. Ses six laquais se rangent au fond du théâtre d'un ait respectueux; Pasquin est un peu plus avancé.
L'impertinent !
PASQUIN, lui présentant la lettre.
Monsieur...
LE COMTE, marchant toujours.
Le fat!
PASQUIN
Monsieur...
LE COMTE
Tais-toi.
Un petit campagnard s'emporter devant moi ! Me manquer de respect pour quatre cents pistoles !
PASQUIN
II a tort.
Hem? A qui s'adressent ces paroles?
PASQUIN
Au petit campagnard.
LE COMTE
Soit. Mais d'un ton plus bas> S'ii vous plaît. Vos propos ne m'intéressent pas. Tenez, serrez cela.
( // lui donne une grosse bourse, ) PASQUIN.
Peste, qu'elle est dodue î A ce charmant objet je me sens l'âme émue.
(Il ouvre la bourse, et en tire quelques pièces,) LE COMTE, le surprenant.
Que fais- tu?
PASQUIN
Je veux voir si cet or est de poids.
LE COMTE, lui reprenant la bourse.
Vous êtes curieux.
[Il fait plusieurs signes^^ et, à mesure qu'il les fait, ses
laquais le servent. Deux approchent la table^ deux autres un fauteuil; le cinquième apporte une écritoire et des plumes y et le sixième du papier; ensuite il se met à écrire.)
PASQUIN
Monsieur, je puis, je crois, Sans manquer au respect, vous donner cette lettre, Que pour vous àTinstant on vient de me remettre?
LE COMTE, continuant d'écrire après V avoir prise,
A.h ! c'est du petit duc?
PASQUJX.
Non; un homme est venu.
LE COMTE
C'est donc de la princesse?...
PASQUIN
Elle est d'un inconnu Qui ne se nomme pas.
LE COMTE
Et qui vous Ta remise?
PASQUIN
Un laquais mal vêtu. .
LE COMTE, lui jetant la lettre.
C'est assez ; qu'on la lise, Et qu'on m'en rende compte. Entendez- vous?
PASQUIN
J'entends.
(// lit la lettre bas») LE COMTE, toujours écrivant.
Monsieur Pasquin?
PASQUIN
Monsieur.
Faites sortir mes gens.
PASQUIN, d'un air suffisant.
Sortez.
LAFLEUR, au comte»
Monsieur...
LE COMTE
Comment?
LAFLEUR
Oscraîs-je vous dirc.é
LE COMTE
Il me parle, je crois! Holà! qu'il se retire, Qu'on lui donne congé.