‹ Théatre choisiChapitre 269 sur 471 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

LE COMTE, PASQUIN

(Le comte relit ce qu'il a écrit, et Pasquin lit la lettre)

LE COMTE, après ttvoir lu ce qu'il écrivait.

Tu ne partiras point, et c'est une bassesse, Dans les gens de mon rang d'outrer la politesse. Un homme tel que moi se ferait déshonneur Si sa plume à quelqu'un donnait du monseigneur. Non, mon petit seigneur, vous n'aurez pas la gloire De gagner sur la mienne une telle victoire. Vous pourriez m'assurer un bonheur très-complet > Mais si c'est à ce prix, je suis votre valet.

l il déchire la lettre, )

Ote-moî cette table. Eh bien, que dit l'épître?

PASQUIN

Elle roule, monsieur, sur un certain chapitre Qui ne vous plaira point.

LE COMTE

Pourquoi donc? lis toujours.

PASQUIN

Vous me l'ordonnez; mais...

LE COMTE

Oh î trêve de discours.

PASQUIN, lit,

a Celui qui vous écrit...

LE COMTE

Qui vous écrit! Le style Est familier.

PASQUIN

Il va vous échauffer la bile.

(Il lit.) a Celui qui vous écrit, s'intéressant à vous, [pule, a Monsieur, vous avertit, sans crainte et sans scru- « Que par vos procédés, dont il est en courroux, « Vous vous rendez très-ridicule.

LE COMTE, se levant brusquement.

Si je tenais le fat qui m'ose écrire ainsi...

PASQUIN

Poursuivrai -je?

LE COMTE

Oui; voyoûs la fin de tout ceci,

PASQUIN, lit,

« Vous ne manquez pas de mérite; « Mais...

LE COMTE

Vous ne manquez pas! Ah! vraiment Je le croi. Bel éloge, en parlant d'un homme tel que moi î

PASQUIN, Hu

« Vous ne manquez pas de mérite ; c( Mais, bien loi n de vous croire un prodige étonnant, « Apprenez que chacun s'irrite (( De votre orgueil impertinent...

LE COMTE, donnant un soufflet ù Pasquin,

Comment, maraud?

PASQUIN

Fort bien ; le trait est impayable !

De ce qu'on vous écrit suis-je donc responsable? Au diable Técrivain avec ses vérités !

{Il jette la lettre sur la table,) LE COMTE.

Ah! je VOUS apprendrai...

Quoi ! vous me maltraitez Pour les fautes d'autruî? Si jamais je m'avise D'être votre lecteur...

LE COMTE, lui donnant sa bourse.

Faut-il que je vous dise Une seconde fois de serrer cet arçentî Tenez, voilà ma clef, et soyez dlhgent.

PASQUIN, va et revient,

Savez-votis à combien cette somme se monte,

LE COMTE

Non, pas exactement.

PASQUIN

Je vous en rendrai compte.

(d part,)

Je m'en vais du soufflet me payer par mes mains.

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