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SUR PHILIPPE NÉRICAULT-DESTOUCHES. XXVII

A la suite de cette publication nationale, parurent successivement sur la scène (1759-1762) deux comédies, que Destouches avait déjà publiées dans l'édition de 17S6, — la Fausse Agnès ou le Poète campagnard, et le Tambour noctwme ou le Mari divin, — mais qui n'avaient pas encore été représentées.

Arrangé par le comédien Bellecour, le Tambour noctume, imitation d'Addisson (The Drumer) fut vu et revu de temps en temps, avec plaisir ; la Fausse Agnès fournit une plus longue et une plus heureuse carrière. Monrose, le père, jouait encore le rôle de M. des Mazures avec un grand éclat de bouffonnerie. Après lui, le comique moins étourdissant laissa la pièce se refroidir. La caricature avait vieilli, et le public ne savait plus à quoi ressemblait cette ridicule entrevue d'Angélique avec le poète campagnard, cette première rencontre des deux fiancés, dans laquelle des Mazures proposait à sa future une escrime de galants impromptus, et l'entreprenait sur l'histoire, sur la fable, sur la chronologie.

On trouvait insupportable l'aréopage en famille, devant lequel Angélique reconquiert ses titres de fille accomplie, en développant ses révérences les plus irréprochables, et en émerveillant ses juges par ses questions, ses définitions, ses distinctions de haute scolastique.

Mais les temps changent. Il se peut que la Fausse Agnès rentre bientôt en pleine actualité. Nous marchons vers des jours où, de deux prétendus laissés en tête à tête, l'un présentera à l'autre son diplôme de bachelier, l'autre son brevet de l'examen de 16 ou de 21 ans. Diplôme et brevet am*ont beau jeu pour se tâter soi* la pédagogie, et l'examen supérieur prendra pour toujours l'ascendant sur le vulgaire baccalauréat, à moins pourtant, qu'un peu de bon esprit français ne nous fasse raison de ce pédantisme à la mode.

BrilTaut^ dans ses Récits d'un vieux parrain à un jeune filleul, raconte que madame Mathilde de Fezensac grondait un jour sa petite sœur Oriane sur le peu de bonne volonté que celle-ci mettait à apprendre. Elle lui remontrait toutes les vilaines suites de l'ignorance et le mépris d'un mari pour une femme qui ne saurait rien . « Bon ! bon ! répondit lespiègle ; est-ce que tu crois que j'épouserai M. des Mazures? »

Briflfaut fait remarquer qu'Oriane n'avait pas plus dd

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