‹ Théatre choisiChapitre 286 sur 471 · LE COMTE, PHILINTE · texte numérisé non relu

LE COMTE, PHILINTE

PHILÏNTE, faisant plusieurs révérences.

Je ne viens vous troubler dans vos réflexions Que pour vous assurer de mes soumissions, Monsieur. Depuis longtemps je vous dois cet hom- Èt je ne le saurais différer davantage. [mage,

LE COMTE

Très obligé, monsieur. D'où nous connaissons-nous?

PHILINTE

Si je n'ai pas l'honneur d'être connu de vous,

J'aurai bientôt celui de me faire connaître Mon nom n'impose pas; mais...

Gela peut bien être.

PHILINTE

Tel qu'il est, puisqu'il faut qu'il vous soit décliné,

(en faisant une profonde révérence.)

Je m'appelle Philinte.

LE COMTE

Oh! j'ai donc deviné.

Je vous ai reconnu d'abord aux révérences.

PHILINTE, d'un air très-humble.

Je ne puis vous marquer par trop de déférences Combien je vous honore.

LE COMTE

Et vous avez raison.

Mais de quoi s'agit-il? Parlez-moi sans façon.

PHILINTE

Valère est mon ami; vous le savez, je pense.

LE COMTE

Que m'importe cela?

PHILINTE

Tantôt en sa présence, Si j'en crois son rapport, et j'en suis peu surpris, Vous m'avez honoré... d'un assez grand mépris.

L& COMTE

Il vous exaltait fort; moi, j'ai dit ma pensée. Votre délicatesse en est-elle blessée?

PHILINTE, faisant la révérence.

Ah ! monsieu r ! point du tout : j e me connais ; je croi Qu'on peut avec raison dire du mal de moi. Mais on ajoute encore, à l'égard d'Isabelle, Que vous me défendez de revenir chez elle.

LE COMTE

Voilà précisément ce que j'ai prétendu Qu'on vous dît.

PHILINTE

Je croyais avoir mal entendu.

LE COMTE

Pourquoi ?

PHILINTE

Vous exigez un cruel sacrifice, Et je doute bien fort que je vous obéisse. LE COMTE, d'un air railleur.

Vous en doutez, monsieur?

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