‹ Théatre choisiChapitre 287 sur 471 · LE GOUTE · texte numérisé non relu

LE GOUTE

Je TOUS en guérirai.

PHILINTE

Monsieur, j'en désespère.

Et j'en Tiens d'assurer Isabelle et sa mère.

LE COMTE, mettant son chapeau.

Et VOUS Tenez me faire un pareil compliment !

PmLIMTE.

Avec confusion; mais très-distinctement.

La nature, envers moi moins mère que marâtre,

M'a formé très-rétif et très-opiniàtre.

Surtout lorsque quelqu'un veut m'imposer la loi.

LE COMTE

L'opiniâtreté ne tient point contre moi. Je vous en avertis.

PHILINTE

La mienne est bien mutine :

Plus on lui fait la guerre, et plus elle s'obstine ; Et jamais la hauteur ne pourra la dompter.

LE COMTE

Vous êtes bien hardi de venir m'insulter ! Un petit gentilhomme ose avoir cette audace?

PHILINTE

Moi, monsieur? Je vous viens demander une grâce.

LE COMTE

Et c'est?

PHILINTE

De m'accorder le plaisir et l'honneur... De me couper la gorge avec vous.

LE COMTE

La faveur Est bien grande en effet. Vous êtes téméraire, Vousvousméconnaissez : mais ilfaut vous complaire. L'honneur que vous avez d'être un de mes rivaux Va vous faire monter au rang de mes égaux.

PHILINTE, d^un air railleur y mettant ses gants.

Je suis reconnaissant de cette grâce insigne.

Et je vais vous prouver que mon cœur en est digne.

LE COMTE

Trêve de compliments. Moi, je vais vous prouver Que l'on court un grand risque en osant me braver.

{Ils mettent i'épée ù la main.)

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