ACTR IV, SCENE II
LISETTE
Je trouve en vos récits quelque petit défaut : Vous mentez à présent, ou vous mentiez tautôt,
PASQUIN
Comment donc?
LISETTE
Un menteur qui n'a pas de mémoire Se décèle d'abord. Si je veux vous en croire, Le comte est grand seigneur; dans un autre en-
ftretien, Vous m'avez assuré qu'il n'avait pas de bien.
PASQUIN
Tout franc, votre argument me paraît sans réplique. Naturellement, moi, je suis très-véridique. Mais j'obéis. Au fond les faits sont très-constants, Et nous n'avons menti qu'en allongeant le temps.
LISETTE
Rendez-moi, s'il vous plaît, cette énigme plus claire.
PASQUIN
Quinze ans auparavant, ce que j'ai dit du père §e trouvera très- vrai. Depuis, tout a changé. Dans un piteux état le bonhomme est plongé. Et le pauvre seigneur traîne une vie obscure. Mais mon maître, voulant qu'il fasse encor figure. Par un récit pompeux, fruit de sa vanité, Vient de le rétablir de son autorité.
Qu'entre nous, s'il vous plaît, la chose soit secrète.
LISETTE
Allez, ne craignez rien. Si j'étais indiscrète. Je ferais tort au comte; et si je fais des vœux. C'est pour pouvoir l'aider à devenir heureux. . Valère à mes efforts sans relâche s'oppose ; Mais à les seconder je veux qu'il se dispose. Il vient fort à propos.
PASQUIN
Fort à propos aussi Je vais me retirer, puisqu'il vous cherche ici.