SCÈNE II
VALÈRE, LISETTE
LISETTE, d*un air dédaigneux.
Ah! VOUS voilà, monsieur? vraiment j'en suis ravie.
VALÈRE
Quoi ! vous voulez gronder ?
LISETTE
J'en aurais bien envie,
VALÈRE
Et sur quoi, s'il vous plaît?
Mais sur vos beaux exploits.
Mes moindres volontés, dites-vous, sont vos lois?
VALÉRE
Il est vrai.
LISETTE
Cependant, devant monsieur le comte^ Vous m'avez témoigné n'en faire pas grand compte; Et, contre mon avis, votre zèle emporté A su porter Philinte à toute extrémité.
VALÈRE
J'ai dit à mon ami qu'oa avait eu l'audace
De risquer contre lui jusques à la menace.
Je n'ai rien dit de plus. C'est un homme de cœur,
Qui n'a dû sur le reste écouter que l'honneur.
LISETTE
Que l'honneur? Ce discours me fatigue et m'irrite.
VALÈRE
Mais par quelle raison? Philinte a du mérite.
LISETTE
Si vous n'employez pas vos soins avec ardeur
Pour faire que le comte épouse votre sœur.
Et pour bannir d'ici cet ennuyeux Philinte,
Je vous déclare, moi, sans mystère et sans feinte,
Que, demoiselle ou non, comme le ciel voudra,
Lisette, de ses jours, ne vous épousera.
J'ai conclu. C'est à vous maintenant de conclure.
VALÈRE
{voyant Lycandre,)
Par auel motif?... Eh quoi? cette vieille figure Viendra- t-elle toujours troubler nos entretiens?
LISETTE
11 faut que je lui parle.
VALÈRE
Adieu donc»