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MERCURE, L'AMOUR, LES QUATRE SAISONS

L'OPERA, habillé en danseur, et ayant, par dessus cet habit, une mante et un casque de héros; d'une main il tient . un masque, et de Tautre un livre de musique. LA COMEDIE FRANÇAISE, habillée moitié à la Romaine et moitié à la Comique. LA COMÉDIE ITALIENNE, ^êtue en Arle- ' quine, ayant le masque sur le -visage. L OPERA s'avance le premier.

MERCURE, à l'Amour.

Quel est ce poupin si paré.

Qui de blanc et de rouge a plâtré son visage,

Et qui, d'un air délibéré, Vient offrir à nos yeux un triple personnage?

l'amour.

C'est l'Opéra.

MERCURE, souriant.

Comme il est accoutré l

L*AMODR.

Son habillement est bizarre ; Mais il indique au spectateur Les différents plaisirs crue lui seul lui prépare : Par cet emblème, il se déclare Musicien, héros, danseur.

MERCURE

Voilà bien des métiers qu'à la fois il exerce !

J'aime sa figure diverse :

Elle donne au public un plaisir singulier, Sans doute ?

l'amour.

Elle a souvent l'honneur de Tennuyer,

MERCURE

En vérité ? Cela m'étonne I Je veux l'interroger, afin d'en juger mieux. Quelle douce langueur est peinte dans ses yeux !

(a l'Opéra.)

Pour relever la gloire de l'Automne, Veux-tu faire un effort utile et glorieux ?

l'opéra chante en héros, et avec feu.

Pendant l'automne, justes dieux !

Quel effort veut-on que je fasse?

Ah I si même en hiver je parais ennuyeux, En toute autre saison, j'en atteste les cieux,

Mes auteurs plus froids que la glace, iNe me font espérer qu'une affreuse disgrâce.

MERCURE, se bouchant les oreilles.

Prenez un ton moins éclatant : [tant? A quoi bon, s'il vous plaît, me répondre en chan-

l'opÉRA, chantant d*un ton doucereux.

La saison de l'Hiver est la saison charmante Qui fait briller tous mes talents ; Sitôt que le rossignol chante.

On n'est plus attentif à mes tendres accents.

J'ai beau chanter les douces chaînes,

Les inquiétudes, les peines,

Et les agréables tourments

De mes insipides amants.

Au retour du printemps,

On se dégoûte de mes charmes.

De mes craintes, de mes alarmes,

De mes plaisirs,

De me's soupirs,

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