SCÈNE m. s
De mes tendres désirs.
Et du doux et tendre murmure D'une onde claire et pure.
MERCURE
Si Ton vous traite ainsi, c'est par bonnes raisons. Renvoyons à l'Hiver ce diseur de chansons,
L*OPÉRÂ,d'un air de mouvement.
Ah 1 si vous entendiez mes douces chansonnettes ! . . .
MERCURE
J'ai le cœur aifadi de tes tendres sornettes : Ou parle comme un autre, ou finis tes discours.
l'opéra, chantant.
Je ne dis jamais rien, mais je chante toujours.
MERCURE
On peut aimer un temps ta douce mélodie, Mais, à la continue, elle endort, elle ennuie. Adieu, tu nous serais d'un très faible secours : 11 faut toucher l'esprit aussi bien que Toreille, Et la variété les frappe et les réveille.
(L'Opéra danse un air vif et court, et le finit brusquement, en faisant la révérence à Mercure, et cinq ou six révérences à l'Hiver.)
L AMOUR, amenant la Comédie italienne.
Venez, c'est vous qu'on veut interroger.
MERCURE
Elle est brune, et son air me paraît étranger.
(La Comédie italienne tourne autour de Mercure, en faisant plusieurs lazzi.)
Finirez- vous bientôt vos singeries ?
(Elle redouble ses lazzi.)
Ouais ! Je ris malgré moi de ses bouffonneries ; Elles ont du brillant, de la vivacité ;
Mais j'aime en tout la vérité.
L'art m'offre en vain une figure Que le caprice anime et non pas la nature : Le vrai, seul, peut toucher un goût fin, délicat,
Et le bouffon est toujours plat.
Mais, comme il est grande abondance De partisans zélés de ce comique outré, [rance, L'Automne peut sur vous fonder quelque espé- Ma brune; n avez-vous encor rien préparé?