ACTE I, SCÈNE lY
son petit doigt, que Monsieur le baron dans tout son corps. Morgue, qu*alle a bon air! Qu'aile a bonne mènel Que je sis aise quand je la vois !
LA BARONNE
Ce pauvre Nicolas I Sa physionomie m'a plu d'abord !
LÉANDRE
Grand marci, Madame.
LA BARONNE, à Angélique.
Il n'est pas mal bâti, ce garçon-là.
ANGÉLIQUE
Non vraiment, Madame.
LÉANDRE, en faisant des révérences niaises.
Ah! vous VOUS moquez !
LA BARONNE
Il a les yeux vifs, et le regard touchant.
ANGÉLIQDE.
Oui, je m'en aperçois.
LÉANDRE, tournant son chapeau.
Oh ! pour ce qui est d'en cas de ça... .
LA BARONNE
Et, que pense-t-il de ma fille?
l'olive.
Ohl dispensez-moi de le dire en présence de Mademoiselle.
LA BARONNE
Non, non, je veux savoir à fond tous ses sentiments. Cela me divertit.
l'olive.
Eh bien ! Madame, puisqu'il faut vous déclarer tout, Mademoiselle n'a pas le bonheur de lui plaire.
ANGÉLIQUE, en souriant.
Je suis fort malheureuse, Monsieur Nicolas.
LÉANDRE, cachant son visage avec son chapeau.
Oh! pardonnez- moi. Mademoiselle.
Il dit, Madame, qu'elle a l'air d'être votre mère, et que vous avez l'air d'être sa fille.
ANGÉLIQUE
Il a raison.
LÉANDRE
Ça vous plaît à dire.
l'olive.
Et qull aimerait mieux épouser vingt femmes comme vous, l'une après l'autre, que deux filles comme Mademoiselle.
LA BARONNE
Cela est réjouissant. Tiens, Nicolas, voilà de quoi boire à ma santé.
LÉANDRE
Oh, Madame!
LA BARONNE
Prends, te dis-je. Maître Pierre, je vous défends de maltraiter ce garçon-là, ni d'effets ni de paroles.
l'olive.
Cela suffit.
LA BARONNE
Je veux qu'on le ménage, qu'on ait des égards pour lui, qu'on le nourrisse bien, qu'on le laisse dormir tant qu'il voudra, et qu'on n'épuise point ses forces par un travail excessif, (a Angélique.) Je vois que vous lui voulez du mal de ce qu'il me trouve plus aimable que vous. A propos, il faut que j'aille donner mes ordres pour le dîner. Je prétends qu'il soit magnifique, et digne de la compagnie qui nous vient. Retournez à votre jardin, mes eniants. Un petit mot, Nicolas: je vous ordonne de m'apporterun bouquet tous les matins; n'y manquez pas, je vous en avertis.
LÉANDRE
Oh I je n'ai garde !