ANGÉLIQUE, LÉANDRE, L'OLIVE, BABET
BABET
Ma sœur! ma sœurl je viens vous faire mon compliment.
ANGÉLIQUE
Et sur quoi ?
BABKT.
Sur l'arrivée de votre prétendu.
ANGÉLIQUE
Monsieur des Mazures est ici?
Destocches. ^ ^
Je viens de le voir.
ANGÉLTQUK.
Que je suis malheureuse !
BABET
Que vous ôtes heureuse, au contraire ! Vous allez ÔUe mariée. En vérité, les aînées ont un beau privilège, de passer comme cela devant leurs cadettes. Ah! c'est toi, maître Pierre? Bonjour, bonjour, Nicolas.
LÉANDRE
Mademoiselle Babet, votre serviteur. Que vous êtes jolie !
BABET
Vraiment oui, je le suis, je le sais bien : c'est ce qu'on me disait tous les jours à Paris, quand nous y demeurions, ma sœur et moi. Mais ici, il n'y a personne que toi qui me le dise.
ANGELIQUE, à Léandrc.
Si VOUS la faites jaser, en voilà pour jusqu'à ce soir.
BABET
Luissez-nous dire, et allez voir votre prétendu qui vous attend avec impatience.
ANGÉLIQUE
Enfin, le voilà donc arrivé !
BABET
Et très arrivé, je vous jure. Je l'ai vu descendre de carrosse. Ah ! le beau carrosse ! Je crois que c'est un fiacre de rencontre qu'il a acheté à Paris. Les glaces en sont vitrées à petits carreaux, comme les fenêtres de ma chambre.
l'olive.
Cela est d'un goût tout nouveau.
BABET
Ses trois chevaux sont encore plus étonnants que son carrosse.
ANGÉLIQUE
Gomment 1 il est venu à trois chevaux ?
BABET
Oui, en arbalète. Celui qui fait la pointe est noir, borgne et boiteux.
LÉANDRE
Fort bien.