‹ Théatre choisiChapitre 347 sur 471 · ACTE I, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VI

l'olive.

Nous avons déjà concerté différents moyens pour cela.

ANGÉLIQUE

Je connais à fond le personnage qu'on me destine. C'est un provincial très fat, qui a la folie de se croire le plus grand génie de l'univers, et qui s'est mis en tête qu'une fille n'a de mérite, qu'autant qu'elle a de science et d'esprit. Il compte en même temps de trouver en moi un prodige d'esprit et de science, selon l'idée que mon père et ma mère lui ont donnée de ma personne, et c'est sur ce pied -là qu'il me recherche.

l'olive.

Je commence à entrevoir votre dessein.

ANGÉLIQUE

Mon dessein est d'avoir au plus tôt quelques conversations particulières avec lui, et d'y affecter tant de naïveté, d'ignorance et de bêtise, qu'il ne

f misse pas me souffrir. En un mot, je vais faire 'Agnès. Et, comme son système est précisément le contraste d'Arnolphe, ne douiez point qu'il ne me trouve la plus maussade créature du monde.

LÉANDRE

Rien n'est mieux imaginé. D'ailleurs, il ne sera pas édifié des discours que nous lui tiendrons, l'Olive et moi; et nous nous promettons...

ANGÉLIQUE

Paix ! Voici ma petite sœur.

Page 1