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ACTE II, SCÈNE lY

LÉÀNDRE, à rOliTe.

Quel original !

M. DES MÂZURES, à part.

Oïii, elle est toute charmante, autant que j'en .puis juger pour l'avoir entrevue un instant.

LA BARONNE

Nous en parlerons une autre fois. Sachez...

M. DES MAZURES, à part.

Mais elle m*a piqué au vif, la petite friponne...

LA BARONNE

Je vous dis...

M. DES MAZURES.

Car je vois qu'elle me fuit pour échauffer mon amour.

LA BARONNE

Oh ! ne m*écoulerez-vous donc pas ?

M. DES MAZURES.

Vous avez beau dire, je comprends son adresse : rien n'est plus délicat, ni plus spirituel.

Mon cousin, vous moquez-vous de moi ?

M. DES MAZURES.

C'est vous qui me plaisantez. Mais, que veulent dire toutes les mines que me fait ce nigaud-là?

LA BARONNE

Ne vous y trompez pas : il n'est pas si sot que vous le croyez !

M. DES MAZURES.

Parbleu ! il en a pourtant Lien la mine.

LÉANDRE

Patience, Monsieur des Mazures, je vous ferons connaître qui je sommes,

l'olive.

Il y a des gens dans ce bas monde qui pourront bien rabattre votre caquet>

M. DES MAZURES, d'un air important.

Dites-moi un peu. Messieurs les faquins, qui sont les gens qui rabattront mon caquet?

LÉANDRE, le contrefaisant.

Je ne nommons parsonne.

L OLIVE, le contrefaisant aussi.

Rira bien qui rira le dernier.

M. DES MAZURES.

Qui rira le damier ? Je crois , Dieu me le

pardonne, que ces marauds-là me menacent I

LA BARONNE

Eh non! mon cousin, vous ne les entendez|«s. Ecoutez-moi un moment, et vous comprendj^jE^',;, qu'ils veulent dire. '^ ^^"^^

M. DES MAZURES. ""-V^!!?

Ce qu'ils veulent dire? C'est bien k euxffiÊ^ dire quelque chose ! Sans le respect que j'ai pd8r vous, ma cousine, je leur apprendrais à parlera un homme de ma qualité!

LÉANDRE, lui frappant rudement sur l'épaule.

Ne vous échauffez pas, Monsieur des Mazures; ça pourrait avoir queuque mauvaise suite.

l'olive, faisant de même.

Ça est vrai, ça est vrai. Crachez des vars tout voire soûl; mais, par la ventregai, ne gesticulez point, je vous en avarlis.

M. DES MAZURES.

Il est vrai que je me déshonorerais, en châtiant moi-môme une si vile canaille; mais, si j'appelle mes gens, je leur ferai donner les étrivières.

l'olive.

Vos gens? Sont-ils aussi vigoureux que vos chevaux?

LÉANDRE

On voit bian qu'ils sont au sarvice d'un poète : ils ont, morgue, les dents plus longues que les bras!

M. DESMAZURES, mettant la main sur la garde de son épée ; Léandre et roiiye se mettant à rire.

Il faut que j'anéantisse ces marauds-là 1

LA BARONNE, l'arrêtant.

Que faites-vous, mon cousin? Seriez-vous assez emporté pour frapper mes gens devant moi?

M. DES MAZURES, d'un ton tragique.

Rendez grâce au respect que j'ai pour la' baronne: Sortez, faquins, sortez, c'est moi qui tous l'ordonne!

(Léandre et TOlivc se mettent à rire encore plus fort.)

LA BARONNE

Retirez-vous, mes enfants, et songez aux égards que vous devez à un gentilhomme qui a l'honneur de m 'appartenir.

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