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LA. BARONNE, M. DES MAZURES

M. DES MAZURES.

Voilà deux maroufles bien effrontés ! 11 semble qu'on les ait payés pour m'insulter; mais, s'ils continuent, ma belle cousine, je serai obligé, en conscience, de les faire assommer!

LA BARONNE

11 y a un peu de temps qu'ils me servent; c'étaient les meilleurs domestiques du monde : rien n'était plus sage, plus réglé, plus respectueux : je leur trouvais môme trop de modestie pour des jardiniers ; mais, depuis que vous êtes ici, je ne les reconnais plus : ils vous ont pris en aversion, et ils se déchaînent contre vous à chaque instant.

M. DES MAZURES.

Les faquins I

LA BARONNE

11 y a ici quelque dessous de cartes que nous ne voyons pas. Ne serait-ce çoint ma tille qui ferait agir et parler ces gens-ci ?

M. DES MAZURES.

Et à quel propos ?

LA BARONNE

Afin de me refroidir pour vous.

M. DES MAZURES.

Vous croyez donc qu'elle ne m'aime pas ?

LA BARONNE

Oui, vraiment, je le crois: elle l'a déclaré assez hautement; et à vous dire le vrai, cela m'embarrasse.

M. DES MAZDRES.

Eh ! pourquoi, je vous prie ?

LA BARONNE

La question est excellente. Si elle vous épouse malgré elle^. croyez-vous qu'elle vous rende fort heureux ?

DES MAZURES.

Non vraiment, mais je vous réponds, moi, qu'elle m'épousera de tout son cœur !

LA BARONNE

Et sur quoi fondez-vous cette confiance?

M. DES MAZURES.

Sur deux raisons sans réplique : mon mérite et son bon goût.

LA BARONNE

Ne vous y fiezpas ; je la crois prévenue pour quelque autre.

M. DES MAZURES.

Tant mieux !

LA BARONNE

Comment, tant mieux ?

Sans doute, en triomphant de sa flamme amoureuse, Ma victoire en sera d autant plus glorieuse.

A ce qu'il me paraît, mon cousin, vous avez assez bonne opinion de votre petite personne?

M. DES MAZURES.

Quand on est accoutumé à vaincre, on ne craint point d'être battu.

LA BARONNE

Ma fille n'est point une provinciale, je vous en avertis; et, puisqu'il faut vous dire tout, celui qu'elle aime est un jeune courtisan des plus accomplis, à ce qu'on m'assure.

M. DES MAZURES.

Et que m'importe ? Croyez-vous qu'un courtisan puisse me surpasser en bonne mine, en esprit, en grâce, en talent, en vivacité, en tout ce qui peut toucher et charmer un cœur? Si Angélique était une bote, une innocente, peut-être que mes belles qualités ne la frapperaient pas ; mais étant aussi délicate, aussi spirituelle et aussi savante que vous le dites, il est aussi impossible qu'elle ne

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