SCÈNE VI
ANGÉLIQUE, M. DES MAZURES
qui lui fait de profondes révérences qu'Angélique lui rend par des révérences ridicules.
M. DES MAZURKS, à part.
Pour une fille qui vient de Paris, voilà des révérences bien gauches. (Haut.) Je crois qu'il faut nous asseoir, Mademoiselle, car nous avons bien de jolies choses à nous dire.
ANGÉLIQUE, d'un ton niais.
Tout ce qu'il vous plaira, Monsieur.
M. DES MAZURES, à part.
C'est la pudeur, apparemment, qui lui donne un air si déconcerté, (naut.) Voulez-vous, Mademoiselle, que nous parlions en vers ?
ANGÉLIQUE
Non, Monsieur, s'il vous plaît.
M. DES MAZURES.
Eh bien, parlons donc en prose.
ANGÉLIQUE
Encore moins : je n'aime point la prose.
Oh! ohî cela est nouveau! Comment voulezvous donc que nous parlions?
ANGÉLIQUE
Je veux que nous parlions... comme on parle.
M. DES MAZURES.
Mais, quand on parle, c'est en prose ou en vers.
ANGÉLIQUE
Tout de bon ?
M. DES MAZURES.
Eh! assurément.
ANGÉLIQUE
Ah ! je ne savais pas cela.
M. DES MAZURES.
Allons, allons, vous badinez. Prenons le ton sérieux. Je vais vous étaler les richesses de mon esprit, prodiguez-moi les trésors du vôtre. Je sais que c'est le Pactole qui roule de l'or avec ses
flols.