SCÈNE IV
BABET, M. DES MAZURES.
M. DES MAZURES, à part.
Voici Babet fort à propos ; il faut que je la questionne un peu (Haut.) Hé, bonjour, ma petite maman... Que faites-vous donc ici toute seule?
BABET
Pas grand'chose. Je m'ennuie.
M. DES MAZURES.
Vous vous ennuyez? Pauvre enfant ! Eh bien! jasons ensemble, cela vous désennuiera.
BABET
Voyons? Qu*avez-vous à me dire?
M. DES MÂZURES.
Eh I mais je vous dirai que vous êtes fort jolie !
BABET
Tout de bon, trouvez-vous cela ?
M. DES MAZURES.
Assurément. Et, si vous voulez, je vous ferai l'amour ?
BABET
On dit que je suis encore trop petite; mais, patience, je grandirai.
M. DES MAZURES.
Que je sois un coquin, si je ne vous trouve plus belle que votre sœur aînée I
En vérité? Je crois que vous avez raison.
M. DES MAZURES.
Et je vais gager cent pistoles, que vous avez cent fois plus d'esprit qu'elle I
BABET
Oh ! vous pouvez gager ; je vous réponds que vous gagnerez. Je ne suis qu'une enfant, mais, entre nous, je sais fort bien que ma pauvre sœur n'est qu'une bête.
M. DES MAZURES.
Parbleu 1 on a bien raison de dire que la vérité sort de la bouche des enfants ! Mais, dites-moi, ma charmante, votre père et votre mère sont-ils persuadés, comme vous, que votre sœur n'a point d'esprit ?
BABET
Oh ! que vous en savez long ! Mais je vous vois venir : vous voulez me tirer les vers du nez ? A d'autres 1 Vous ne m'y tenez pas.
M. DES MAZURES.
Non, sérieusement, dites-moi ce que vous savez là-dessus, et je vous promets que je planterai là votre sœur, et que je vous épouserai dans deux ans.
BABET
Oui? Oh ! je vais donc vous découvrir tout le mystère ; pourvu que vous me promettiez de ne pas faire semblant que je vous aie parlé?
M. DES MAZURES.
Je vous jure...