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M. DES MAZURES, LA COMTESSE

LA COMTESSE

Les beaux esprits cherchent toujours la solitude, et moi, je cherche toujours les beaux esprits. A quoi rêviez- vous ? Étiez- vous occupé de votre maîtresse, ou de quelque ouvrage nouveau? Vous ne dites rien?

M. DES MAZURES, après avoir un peu rèyé.

Si ma belle maîtresse Avait autant d'appas que la belle comtesse, Ty rêverais sans cesse,

LA COMTESSE

Ah ! que cela est joli, que cela est poli ! Je veux retenir ces paroles-là, pour les faire mettre en musique.

Si ma belle maîtresse Avait autant d'appas que la belle comtesse. J'y rêverais sans cesse.

Voilà, sans contredit, le plus beau morceau que vous ayez jamais fait.

M. DES MAZURES.

Palsambleu ! f en ferais bien d'autres Sur des appas comme les vôtres,

LA COMTESSE

Encore? Ce palsambleu est impayable I C'est un

Î)etit tour cavalier qui frappe, qui saisit. J'aime es tours cavaliers. En vérité, vous êtes un homme prodigieux l

M. DES MAZURES.

Oh I je le sais bien. Madame.

LA COMTESSE

Non, je ne me dédis point de ce que je vous ai dit ce matin : il n'y a que les gens de qualité qui sachent faire des vers ; tous les autres poètes me paraissent des pédants. Ces Corneille, ces Racine, ces Boileau, par exemple, ont, par-ci, parlà, de beaux endroits ; mais cela est si guindé, si haut monté ! Ils ne disent point de jolies choses, et ils ne veulent point avoir d'esprit. Je gage qu'ils ne faisaient point d'impromptus comme vous?

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