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PRÉSIDENTE, LA COMTESSE, ANGÉLIQUE

Angélique entre d'un air grave, en faisant de profondes et gracieuses révérences au président, à la présidente et à la comtesse.

LE PRÉSIDENT, à la comtesse.

Ohl ohl Ce n'est point là l'abord d'une imbécile!

LA COMTESSE, au président.

Ni d'une personne aussi maussade qu'on nous Ta dépeinte.

LA PRÉSIDENTE

Au contraire, elle a tout à fait bon air ; écoutons ce qu'elle va dire .

ANGÉLIQUE

On m'ordonne de comparaître devant mes juges, et j'obéis avec soumission.

LE PRÉSIDENT

Comment donc ? mais voilà un début dont je suis très content.

LA PRÉSIDENTE

Et moi aussi, je vous assure.

LA COMTESSE

J'en augure très bien.

ANGÉLIQUE

Vous êtes ici, monsieur et mesdames, pour porter un jugement sur mon esprit...

Oui, nous nous y sommes engagés.

ANGÉLIQUE

L'entreprise est un peu hardie, monsieur le Président; vous, dont la profession est de juger, ne sentez-vous pas qu'elle est bien scabreuse, et qu'elle expose à d'étranges bévues ?

LE PRÉSIDENT, à la comtesse.

Voilà une question qui m'embarrasse et me surprend.

ANGÉLIQUE

Et vous, mesdames, qui voulez aussi juger des autres, parlez en conscience, pourriez-vous bien juger de vous-mêmes?

LA PRÉSIDENTE, à la comtesse.

Quelle innocente! Qu'en dites- vous, madame?

LA COMTESSE

Que jamais idiote ne fit une pareille apostrophe.

ANGÉLIQUE

Vous voulez juger de moi? Mais, pour juger sainement, il faut une grande étendue de connaissances ; encore est-il bien douteux qu'il y en ait de certaines.

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