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PASQUIN, FINETTE

FINETTE

Bonjour, monsieur Pasquin.

PASQUIN

Très humble serviteur.

FINETTE

Cléon est-il levé ?

PASQUIN

Depuis longtemps, mon cœur.

Pour chasser de chez vous tous ces flatteurs avides Que Ton ne voit jamais en sortir les mains vides ? Morbleu! Si ma maîtresse avait ce faible-là, Je périrais plutôt que de souffrir cela I [très ;

Jamais ces faux amis ne deviendraient nos mal- Et je les ferais tous sauter par les fenôtres!

PASQUIN

Dans les commencements, je me suis tout permis Pour bannir de céans ces dangereux amis. Sortis par une porte, ils rentraient par une autre : Mon maître, quelque temps, a fait le bon apôtre ; 11 suivait mes conseils, s'en faisait une loi ; A la fin, les flatteurs l'ont emporté sur moi. J'allais être chassé pour toute récompense, Et vingt coups de bâton m'ont imposé silence. Moi, qui me plais céans, et qui m'y trouve bien, Je me suis radouci. J'ai fait comme ce chien Qui portait à son cou le dîner de son maître, Et trouvant d'autres chiens qui voulaient s'en rc-

[paître, Quand il crut ne pouvoir se sauver du hasard, Leur livra le dîner pour en manger sa part.

FINETTE

D'un fidèle valet est-ce donc là l'office ?

PASQUIN

Eh I morbleu ! Que chacun se rende ici justice. Ta maîtresse, Julie, en use-t-elle mieux ? Cléon, de jour en jour, en est plus amoureux : 11 prétend l'épouser ; et cette aimable veuve De son pouvoir sur lui fait chaque jour l'épreuve : Ne devrait-elle pas empêcher que Cléon N'achève de ses biens la dissipation ?

Mais, bien loin de sauver son amant du pillage, C'est elle qui l'y porte avec plus de courage !

Il est vrai qu'elle est vive, et qu'elle fait sa main. Malgré tous mes avis, elle va son chemin.

PASQUIN

Eh! tu suis son allure avec assez d'adresse. Et te voilà vêtue ainsi qu'une princesse. De même que Julie, ardente à nous piller...

FINETTE

Oh! pour moi, je n'ai fait encore que grapiller. Si tu voulais m'aider, je ferais mieux mon compte.

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