‹ Théatre choisiChapitre 427 sur 471 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Qu'elle veut me tromper.

LE COMTE

Sur quoi le croyez-vous ?

CLÉON

Je Taccable de biens, et rien ne la contente.

LE COMTE, après avoir un peu rêvé.

Écoutez donc, la chose est assez apparente : On veut vous ruiner, et puis vous planter là. L'insulte du baron me fait croire cela. [mure; Que voulez-vous, souvent je vous plains, je mur- Mais je n'ose parler.

CLÉON

Parlez, je vous conjure :

Je vous croirai peut-être, et je romprai tout net.

LE COMTE

Pouvez-vous différer un si sage projet !

CLÉON. [blesse.

Oui, je me crains moi-môme, et connais ma fai- Je romps toujours mes fers, et j'y rentre sans cesse.

LE COMTE

Si vous voulez me croire, il est un moyen sûr Pour les rompre à jamais....

CLÉON

Ah! qu'il me sera dur De perdre tout le fruit de tant de dons immenses ! Mais je veux me punir de mes extravagances. De ma crédulité, de mon aveuglement.

En quittant un objet aimé trop tendrement. Appuyez mon dépit, et prêtez- moi votre aide.

LE COMTE

Cidalise pour vous est le plus sûr remède : Aimez-la.

CLÉON

Je m'y sens vivement disposé.

J'ai voulu lui parler, et ne l'ai pas osé.

LE COMTE

Parlez-lui. Cidalise est d'une humeur charmante, Très désintéressée et ma proche parente. Elle ne dépend plus que de son vieux tuteur Dont je puis disposer.

CLÉON

Que n'ai-je sur mon cœur Un empire absolu !

Destouches. 29

LE COMTE

Plus il VOUS tyrannise, Moins il faut lui céder. Ah ! voici Cîdalise. Voyez si son abord est sombre et sérieux.

CLÉON

Tout me paraît en elle aimable et gracieux.

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