CIDALISE, CLÉON, LE COMTE
ClDÂLISE.
Messieurs,la compagnie est complète et nombreuse ; Mais, franchement, sans vous^ je la trouve en-
[nuyeuse; Et je viens vous chercher. Quel est donc le sujet Qui vous tient à l'écart ?
LK COMTE
Nous formons un projet.
CIDALISE
Quel projet?
LE COMTE
Nous voulons vous marier.
CIDALISK.
Chimère!
LE COMTE
Pourquoi donc?
CIDALISE
[Regardant tendrement Cléon.]
Ohl pourquoi? C'est que je désespère D'être unie à celui que je voudrais avoir.
LE COMTE, bas à Géon.
L'entendez- vous ?
CLÉON
[a Cidalise.]
Fort bien. Vos yeux ont tout pouvoir.
Point du tout. Jugez-en ; le seul homme que j'aime Aime une autre que moi. Mon malheur est extrême, Comme vous le voyez : et je puis vous jurer Que je le pleurerais, si je savais pleurer. Mais ne le pouvant pas, je ris de ma sottise. Que je suis ridicule!
[Elle rit.l