ACTE III, SCÈNE X
LE BARON
Un gî cruel dessein n'aura point mon ayeu.
JULIE) avançant avec précipitation. [ble
Ah ! qu*entends-je? monsieur, vous sera-t-il possi- D*avoir tant de rigueur?
II est incorrigible ; Je suis inexorable, et je veux le punir.
JULIE
Je demande sa grâce, et je dois Tobtenir. Excusez les transports de sa folle jeunesse. Ayez pitié de moi, qui Taime avec tendresse.
GÉRONTE
Je sais que vous Taimez; mais ce dissipateur Ne doit point de mes biens devenir possesseur. Pour vous en assurer la jouissance entière, Je m'en vais vous nommer mon unique héritière.
JULIE
Qui? moi, Monsieur?
GÉRONTE
Oui, vous. Je veux que, dès ce soir, Le sort de mon neveu soit en votre pouvoir. Dès longtemps, je connais votre prudence insigne. Vous le rendrez heureux, s'il s'en rend moins indi- Sinon, à son malheur vous l'abandonnerez, [gne. Et du fruit de mes soins seule vous jouirez : Vous êtes, après lui, ma plus proche parente ; De plus, vous êtes sage, économe, prudente, C'est un double motif pour vous laisser mon bien.
JULIE
Songez...
GÉRONTE
Vous aurez tout, et l'ingrat n'aura rien. Allons, mon cher baron, terminer cette affaire. Du dessein que j'ai pris rien ne peut me distraire : J'assure à la vertu sa rétribution.
Et me venge en faisant une bonne action.