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JULIE, LE BARON, FINETTE

LE BARON, à Julie.

Ce que j'apprends ici me paraît incroyable ; Y dois-je ajouter foi?

JULIE

Rien n'est plus véritable :

J'ai ruiné Cléon. Ma rivale en fureur Est encor plus que lui sensible à son malheur. Elle pleure, elle crie, elle se désespère. Moi, pour ne point aigrir leur haine et leur colère, Je viens de les laisser en proie à leurs transports. Toute la compagnie a fait de vains efforts Pour adoucir l'excès de leur douleur profonde : Ils n'écoutent plus rien, et brusquent tout le

[monde.

Enfin, grâces au ciel, mon triomphe est parfait: Il faut voir maintenant quel en sera l'effet ; Si tous ces grands arnis qu'attirait la fortune Voudront avec Cléon ftiire bourse commune, Comme ils l'en ont flatté quand il était heureux, Et si j'ai de tout temps bien ou mal jugé d'eux. Cidalise, surtout, est ce qui m'intéresse ; Elle peut à présent lui prouver sa tendresse. Le bonheur nous expose à des dehors trompeurs ; Mais c'est dans le malheur qu'on éprouve les cœurs.

LE BARON

Cléon devrait mourir de douleur et de honte.

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