‹ Théatre choisiChapitre 463 sur 471 · CLÉON, CIDALISE · texte numérisé non relu

CLÉON, CIDALISE

CLÉON

Eh bien ! vous le voyez, ma disgrâce est complète.

CIDALISE, brusquement.

Oh ! rien n'y manque.

Allons, il faut faire retraite ; Quittons une maison où tout m'est odieux. Où tout exciterait mes transports furieux. Juste ciel ! Ah ! sans vous que je serais à plaindre, Madame ! A mon malheur rien ne saurait at-

[teindre ; Mais puisque vous m'aimez, mon sort me paraît

[doux.

\ Et mon cœur est flatté de n'espérer qu'en vous, \ D'avoir en vos bontés un glorieux asile, Et de pouvoir compter...

CIDÂLISE, d*un air froid et embarrassé.

Il serait inutile De vous tromper, Cléon. Je plains votre malheur ; Mais je ne suis pas libre, et dépends d'un tuteur Qui, dès qu'il apprendrait vos disgrâces diverses, Vous ferait essuyer les plus rudes traverses. Nous attendrons la mort de ce tuteur fâcheux, Et peut-être qu'alors...

CLKON.

Le trait est généreux !

Il m'ouvre votre cœur, et je sens ma folie De l'avoir cru plus sûr que celui de Julie. Je ne vois que des cœurs doubles, intéressés. Perfides, séducteurs...

CI DALI SE, d'un tonde hauteur.

Ah ! Cléon, finissez.

Le malheur vous aigrit; la hauteur m'importune. Et l'on doit prendre un ton conforme à sa fortune.

Page 1