‹ Théatre choisiChapitre 64 sur 471 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

VALÈRE, PASQUIN

(ils entrent par deux différents côtés du théâtre.) VALÈRE, du côté par où 11 entre.

Morbleu I vous avez beau dire, je n'en ferai qu'à ma tête 1

PASQUIN

Ah ! voici mon étourdi de mailre.

VALÈRE

La peste soit de l'homme !

PASQUIN

Il est en colère.

4 fi l'obstacle imprévu.

11 n*y a plus moyen de vivre avec lui, et il faut que nous rompions ensemble.

PASQUIN

De qui parlez- vous là?

VALÈRE

Je parle de mon père.

PASQUIN

Mais vraiment cela est fort honnête. S'il vous avait entendu?...

VALÊRE.

Je voudrais qu'il n'eût pas perdu un mot de tout ce que j'ai dit.

PASQUIN

Dieu vous en garde, vous seriez perdu.

VALÈRE

Tu crois donc que je l'appréhende ? Cela était bon lorsque j'étais au collège.

PASQUIN

Ma foi, ne vous y jouez pas. Il est homme à vous traiter comme si vous v alliez encore.

VALÈRE, enfonçant son chapeau.

Lui? Mon père? Ah ! ventrebleu! je lui ferais voir...

Paix I monsieur, le voilà qui vient.

VALÈRE

Je m'en vais.

PASQUIN

Revenez, revenez; ce n'est pas lui.

VALÈRE

Te moques-tu de moi, de me faire une peur semblable ?

PASQUIN

Moi, je vous ai fait peur ? Et vous dites que vous ne le craignez point.

VALÈRE

J'ai encore quelque faible pour lui, mais je m'en déferai. Me voilà remis. Présentement, je serais homme à le braver.

PASQUIN

Oui, en fuyant. Voilà comme font tous vos pareils. Vous êtes brave jusqu'au dégainer. Croyez-

Page 1