SCÈNE PREMIÈRE
VALÈRE, PASQUIN
(ils entrent par deux différents côtés du théâtre.) VALÈRE, du côté par où 11 entre.
Morbleu I vous avez beau dire, je n'en ferai qu'à ma tête 1
PASQUIN
Ah ! voici mon étourdi de mailre.
VALÈRE
La peste soit de l'homme !
PASQUIN
Il est en colère.
4 fi l'obstacle imprévu.
11 n*y a plus moyen de vivre avec lui, et il faut que nous rompions ensemble.
PASQUIN
De qui parlez- vous là?
VALÈRE
Je parle de mon père.
PASQUIN
Mais vraiment cela est fort honnête. S'il vous avait entendu?...
VALÊRE.
Je voudrais qu'il n'eût pas perdu un mot de tout ce que j'ai dit.
PASQUIN
Dieu vous en garde, vous seriez perdu.
VALÈRE
Tu crois donc que je l'appréhende ? Cela était bon lorsque j'étais au collège.
PASQUIN
Ma foi, ne vous y jouez pas. Il est homme à vous traiter comme si vous v alliez encore.
VALÈRE, enfonçant son chapeau.
Lui? Mon père? Ah ! ventrebleu! je lui ferais voir...
Paix I monsieur, le voilà qui vient.
VALÈRE
Je m'en vais.
PASQUIN
Revenez, revenez; ce n'est pas lui.
VALÈRE
Te moques-tu de moi, de me faire une peur semblable ?
PASQUIN
Moi, je vous ai fait peur ? Et vous dites que vous ne le craignez point.
VALÈRE
J'ai encore quelque faible pour lui, mais je m'en déferai. Me voilà remis. Présentement, je serais homme à le braver.
PASQUIN
Oui, en fuyant. Voilà comme font tous vos pareils. Vous êtes brave jusqu'au dégainer. Croyez-