ACTE II, SCÈNE I
NÉRINE
Je m'en garderai bien. Pasquin n'est pas discret.
JULIE
11 faut donc que tu le trompes le premier. Pourras-tu t'y résoudre ?
NÉRINE
Voyez le grand malheur! Il n'y a rien de si naturel à une femme que de tromper son mari. Retournez à votre appartement. Je vais trouver Pasquin, pour le presser de faire agir son maître; et je susciterai tant d'affaires au bonhomme, que je lui ferai lâcher prise.
Mais, nous allons meltre ici tout en confusion.
NÉRINE
Tant mieux, j'aime le désordre. Rien n'est si triste qu'une maison où tout est d'accord, et il faut un peu de tracasseries pour égayer le commerce et ranimer la conversation. Cela sera plaisant. Un bonhomme amoureux comme un fou; un fils rival de son père ; le père brutal, le fils étourdi ; une maîtresse qui n'aime ni l'un ni l'autre, et qui les amuse pour gagner du temps. Que je vais me réjouir! Je meurs d'envie de mettre la main à l'œuvre, et je n'ai jamais rien entrepris de si bon courage.