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ACTE II, SCÉNB IV. 7 S

PASQUIN, bas k Talère.

Bravo ! Allons, animez-vous. Ne vous défaites point.

LISIMON.

Que lui dis- tu?

Je lui dis qu'il a grand tort.

LISIMON.

Passe de ce côté-ci. [a Yaière.] C'est donc pour me déshonorer que vous manquez à votre parole, et que vous faussez vos serments ?

VALÊRE.

Voilà bien du bruit pour une bagatelle I Car je vois que c'est la Comtesse qui vous a parlé.

LISIMON.

Vous traitez de bagatelle un procédé aussi indigne que le vôtre ? Corbleu 1 de mon temps, un homme, qui aurait fait ce que vous faites, aurait été obligé de se cacher pour toujours !

PASQUIN

La mode a bien changé. 11 n'y a pas là aujourd'hui de quoi faire fouetter un Page.

VALÈRE

Assurément.

LISIMON.

Un mot. Monsieur Pàsquin.

PASQUIN, reculant au lieu d'approcher.

Monsieur.

LISIMON, le saisissant.

Approchez, vous dis-je. Ah ! Vraiment, Monsieur, je suis bien aise que vous approuviez la conduite de mon fils, et que ses raisons soient honorées de vos suffrages!... Je m'en étais douté. Cela mérite récompense, vous serez payé dans un petit moment.

PASQUIN

Monsieur, je ne suis pas intéressé. J'aime mieux me retirer que de vous causer de la dépense.

LISIMON.

Je puis faire celle-ci sans m'incommoder, et vingt coups d'étrivières, que je vais vous faire donner, ne me coûteront rien du tout. Tu ne m'échapperas pas. Valère, appelez mes gens.

76 l'obstacle IMPBÉVU.

PASQUIN, à Valère.

N'en faites rien.

LISIMON.

M'obéirez-vous ?

VALÈRE

Comment donc? J'appellerai vos gens pour maltraiter un homme qui n*est coupable auprès de vous, que parce qu*il soutient mes intérêts?

LISIMON.

C'est pour cela qu'il mérite d'être assommé. Je vois que c'est ce coquin qui vous gâte.

PASQUIN

Moi, Monsieur? Vous me l'avez remis tout gâté, et je vous le rends tel que je l'ai reçu.

Je crois que tu plaisantes ?

PASQUIN

Dieu m'en garde. Je ne plaisante plus depuis aue je suis marié. Mais, morbleu 1 je suis las d'être la victime des folies d'autrui ; et si vous voulez bien épargner mes épaules, je vds vous découvrir la véritable cause des mauvais procédés de Monsieur votre fils.

VALÈRE, à part.

Ah ! le scélérat I Que vas-tu dire ?

PASQUIN, haut.

Toutes vos sottises, [sas.] Laissez-moi faire.

VALÈRE, à part.

Que lui va-t-il conter?

LISIMON.

Voyons, Monsieur le coquin, comment vous vous tirerez d'affaire ?

PASQUIN

Premièrement, je lui dis tous les jours : Prenez garde à ce que vous faites ; vous allez mettre Monsieur votre père au désespoir. Bon ! me répond-il, je serais bien sot de me contraindre. Mon père était plus fou que moi dans sa jeunesse. Des égrillards de son temps m'ont conté ses fredaines. 11 faut bien qu'il me passe tout ce que Je fais, puisque je lui pardonne tout ce qu'il a fait.

LISIMON, à Valère.

Vous avez dit cela ?

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