‹ Théatre choisi; nouvelle édChapitre 111 sur 369 · SCÈNE IX LES MÊMES; OCTAVE, gardes · texte numérisé non relu

SCÈNE IX LES MÊMES; OCTAVE, gardes

OCTAVE

O malheureuse nuit ! la fourbe est découverte : Je n'aperçois que trop l'appareil de ma perte.

ORANTÉE, l'épée à la main.

Viens, approche, imposteur ; viens recevoir le fruit D'une méchanceté plus noire que la nuit.

OCTAVE

Ah ! Seigneur, mon trépas souillera votre épée.

ORANTÉE.

Dans ton perfide sang elle sera trempée.

OCTAVE

Je ne suis qu'instrument des volontés du roi ; Ma foi même, Seigneur, a corrompu ma foi; Trop fidèle sujet et valet infidèle, C'est pour avoir trop eu que j'eus trop peu de zèle

LYDIE, à Laure.

Hélas ! reconnaissez ce que j'ai fait pour vous ; Madame, en ma faveur apaisez son courroux.

LAUREj à Orantée*.

Si chez vous mon respect tient encor quelque place, Je me jette à vos pieds : accordez-moi sa grâce.

ORANTÉE.

Traître, baise les pas et révère le nom De la divinité d'où te vient ton pardon. Mais serai-je compris en cette même grâce

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