‹ Théatre choisi; nouvelle édChapitre 267 sur 369 · SCÈNE V DON BERNARD, DON LOPE · texte numérisé non relu

SCÈNE V DON BERNARD, DON LOPE

DON BERNARD

J'admire, mon cher Lope (et cet étonnement Me laisse sans discours et sans raisonnement), Le courroux obstiné dont le ciel vous outrage, Et sa lenteur extrême à vous tourner visage. Le roi...

DON LOPE

Quelque malheur dont je sois combattu, Un fort espoir renaît à ma faible vertu : Ensuite de mes maux dont le torrent s'écoule, Les biens semblent comme eux me venir tout en foule : Ce Ciel, qui me semblait même plaindre le jour, S'épuise en ma faveur par les mains de l'amour. Pardonnez, amiral, si mon trop long silence Vous a de ce beau mal caché la violence, Puisque je croyais moins, par ma discrétion, Vous taire un juste espoir qu'une présomption:

i:$2 DON BERNARD DE CABRERE.

Mais, pouvant aujourd'hui fonder cette espérance

Sur une trop solide et trop claire apparence,

Je vous dois révéler cet important secret

Que je ne puis verser dans un sein plus discret.

Mais, craignant d'éventer une si belle flamme,

Cherchons un lieu plus propre à vous ouvrir mon âme

Et pouvoir modérer par vos sages avis

Le transport surprenant dont mes sens sont ravis.

DON BERNARD

J'ai bien cru que du ciel la justice future

Vous devrait réserver quelque haute aventure,

Et que ses jugements, aussi sages que saints,

Sous de si grands malheurs cachaient de grands desseins.

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