‹ Théatre choisi; nouvelle édChapitre 268 sur 369 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

DON BERNARD, seul.

Jalouse passion, dangereuse couleuvre,

Qui, pour nuire ou crever, mets tout poison en œuvre ,

Fille à qui te fait naître ingrate et sans pitié,

Au moins, tuant l'amour, épargne l'amitié,

Et ne m'engendre pas, d'une rage commune,

Et l'oubli de l'infante et la haine de Lune;

De Lune, dont les faits m'ont servi de degrés

A monter à des rangs de tant d'yeux révérés ;

Ce de Lune invaincu dont la valeur extrême

A tant fait pour ma gloire et si peu pour lui-même.

Laissons libres ses vœux à de libres appas,

Et, complices du sort, ne l'entreprenons pas.

Sa rage, assez longtemps contre lui mutinée,

A sous un mauvais astre ourdi sa destinée.

Souffrons -lui les aspects de douceur et d'amour

Dont l'honore aujourd'hui l'astre de cette cour.

La voici ; cachons-nous, et détournons la vue

De ce beau basilic, qui charme, mais qui tue.

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