ACTE IV, SCÈNE V
NARSÉE.
Vous la faites du moins garder avec grand soin.
PALMÏRAS.
Je m'expliquerai mieux quand il sera besoin.
NARSÉE.
Enfin tout mon crédit, ô déplorable reine,
De vos persécuteurs ne peut vaincre la baine ;
Et, pour toute réponse aux plaintes que je perds,
On dit qu'on vous cbérit quand on vous tient aux fers.
O barbare amitié qui produit le servage,
Dont les pieurs sont un fruit, et les cbaînes un gage !
PALMIRAS.
Ni la mort de Sira, ni sa captivité N'importe en rien, Madame, à Votre Majesté.
NARSÉE.
Ab! comment contenir la douleur qui m'emporte?
La prison de Sira, ni sa mort ne m importe !
Qui m'ose proposer cette fausse vertu
Dans les flancs d'une femme a-t-il été conçu?
Ou, naissant, suça-t-il au sein d'une lionne
Les cruels sentiments que mon malbeur lui donne ?
PALMIRAS.
Votre ennui m'attendrit. O nature, il est temps Que tu mettes au jour un secret de vingt ans, Que tu sois révérée au sang où tu dois l'être, Et qu'aux yeux de sa fille un père ose paraître. Non, ma fille (d'abord ce nom vous surprendra), Vous n'avez point de part aux malbeurs de Sira ; Et si j'obtiens de vous un peu de confiance...