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SCÈNE IX

CLOTALDE, ROSAURA, CLAIRON.

CLOTALDE.

Vivez, grand prince, vivez mille siècles ! (a part) Le ciel a amendé mon sort ; je ne dirai plus que c'est mon fils, puisque je puis le dissimuler. (hauQi Étrangers voyageurs, vous êtes libres.

ROSAURA.

Je baise mille fois vos pieds. '*-j

CLAIRON

Et moi, je les foule. Car une lettre (i) d." r\\de moins, on n'y regarde pas entre anus.

(i) Il joue sur les mots âeso, je baise, et/i Jc>,

ROSAURA.

Vous m'avez donné la vie, seigneur ; et puisque j ne vis que par vous, je serai éternellement voti esclave.

i^ CLOTALDE.

•|. Ce n'est pas la vie que je vous ai donnée. Car u

' homme bien né, s'il a reçu un outrage, ne vit pluî

Et puisque vous êtes venu pour vous venger d'u I outrage, selon ce que vous m'avez dit, je ne vous 2

pas rendu la vie ; car vous .ne Tavez pas apportée

Une vie infâme n'est pas une vie. (û part) Bien su]

avec ces paroles, je le ranime.

ROSAURA.

J'avoue que je ne l'ai pas, quoique que je l'aie reçu de vous. Mais, par ma vengeance, je laverai telle ment mon honneur, que ma vie pourra bientôt, de que j'aurai affronté les périls, paraître un don d vous.

CLOTALDE.

Prenez cet acier brillant, que vous avez apporta Je sais qu'il suffira à votre vengeance, en se teignar du sang de votre ennemi. Car une arme qui a été moi (je veux dire l'instant, le moment que je l'ai eu entre mes mains) saura vous venger.

ROSAURA.

C'est en votre nom que je la ceins pour la seconc fois. Sur elle, je jure de me venger, mon ennen fût-il encore plus puissant.

CLOTALDE.

L'est-il donc beaucoup ?

PliEMIliRE JOURNÉE,

Tellement, que je ne vous le dirai pas ; m parce que je ne veux pas confier à voire prudei plus grands secrets, mais dans la crainte de v contre moi k faveur dont je suis I à votre bonté.

Au contraire, ce serait un moyen de me gagner, de me le dire, car ce serait m'empêcher d'aider votre ennemi, (a pari) Si je savais qui c'est 1

ROSAURA.

Eh bien ! pour que vous ne croyiez pas que je fais peu de cas de votre confiance ; sachez que moo adversaire n'est rien moins qu'Astolphe, duc de Moscovie.

CLOTALDE (à part).

Ce coup m'accable. Car ce que j'apprends est plus grave que ce que j'avais imaginé. Approfondissons d'avantage l'aflaire. (jhiui)Si vousëtes nâ Moscovite, votre souverain lègitiiue a pu difficilement vous outrager. Retournez donc dans votre paya, et laiss> li l'ardent courroux qui voua transporte. , ^H

KOSAUU. ^^

Je ssus bien que, quoique mon souveraia, ii m'outragei.

CLOTALEE.

Non, il ne l'a ptûnt pu, qaaiii> ttiArÇ}! ,

eu l'audace de tous poitei la tr < it^r*

aeii) - -^-^-

ROSAURA .

L'outrage que j'ai reçu est plus grand encore.

CLOTALDE.

Dites-le donc ; vous ne pouvez me dire plus que ,, ce que j'imagine.

ROSAURA.

Oui, je le dirai : mais avec le respect que je vouî porte, Taffection que je ressens pour vous, l'estime dont je vous environne, je n'ose pas, je ne sai pourquoi, vous dire que ce vêtement qui me couvr< est un déguisement ; car il n'est pas ce qu'il parai être. Vous savez tout ; jugez, puisque je ne suis pa: ce que je parais être et qu'Astolphe est venu pou épouser Étoile, s'il peut m' outrager. Je vous en a dit assez.

(Rosaura et Clairon sortent),

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