SCÈNE III.' EUSÈBE, RIC1L\RD et h'S bri^vtds ame/ia/tt aliœrt
RICHARD
J'étais allé pour voir la blessure ; écoutez, capitaine, le plus étrange événement.
EUSÈBE
Je ne demande que d'ctre détrompé.
RICHARD
J'ai trouvé la balle aplatie contre le livre qu'il avait sur la poitrine, sans avoir pénétré ; le voyageur n'était qu'évanoui, le voici remis et en bonne santé.
Eusfini:.
. Je suis rempli d'étonnemcnt et d'admiration. Q^ii êtes-vous, vénérable vieillard, dont le ciel a fait un objet d'étonnemcnt par ce miraculeux prodige ?
ALBERT
Je suis, capitaine, le plus heureux des J'ai eu le bonheur d'être prêtre, tout indigne que' tiis, j'ai enseigné la théologie à Bologne pcn( 44 ans avec zèle. Sa Sainteté, à came de ce dO ment, m'a donné l'évéché de Trente, pour penser mes efforts studieux. Mftis saisi d'ci
voyant que je devais rendre compte de tant d'âmes, et qu'à peine j'avais songé à la mienne, j'ai laissé les honneurs, j'ai renoncé à la gloire, et je viens, fuyant leurs illusions, chercher à me désabuser sûrement dans ces solitudes, où se trouve la vérité sans fard. Je vais à Rome, afin d'obtenir du Pape la permission de pouvd!r fonder un saint ordre d'ermites. Mais votre attaque audacieuse coupe en même temps le fil de mes projets et de ma vie.
Qjael est ce livre, dites-moi ?
ALBERT
C'est le fruit de mes études pendant de longues années.
EUSÈBE
Qjie renferme-t-il ?
ALBERT
Il traite de la vraie origine de ce bois divin et descendu du ciel, sur lequel le Christ, par sa force et son courage, triompha en mourant de la mort ellemême. Ce livre, enfin, est intitulé ; Les miracles de la Croix.
EUSÈBE
QjLi'il est beau de voir la violence de ce dur plomb s'amollir ainsi plus que la cire ! Plût à Dieu que ma main, avant de faire de ce livre le but de cette cruelle décharge, fût brûlée dans ses flammes I Emportez vos vêtements et votre argent, je tous donne la vie, je ne veux que ce livre. Vous autres, allez l'accompagner, jusqu'à ce qu'il soit en sûreté.
DEUXIÈME ]OVKSÈE. 4$
ALBERT
Je vais m'en aller, en demandant au Sdgneur qu'il TOUS donne ïa lumière, pour vom faire voir l'égarement où vous vivet,
ECSËBB. '
Si vous voulez mon bien, demandez à. Dieu qu'il ne permette pas que je meure sans confession.
Je vous le promets, ie se jncux désir, je vous en donne ma parole (tant votre clémence a fait d'impression sut mon cœur). S vous m'appeiei, quelque part que ce soit, je laisserai mon désert pour aller vous confesser, ie suis piStre, etiè menonune Albert,
EUSËGE.
M'en donnez-vous votre parole ?
ALBERT
Je la confirme en levant la main.
EUSÈBE
Je baise de nouveau vos pieds, (albbkt tort avte
RICEIARD et les BKIGANDS.)