‹ Théatre choisiChapitre 130 sur 155 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CLOTALDE, ROSAURA.

ROSAURA.

Quoique la valeur qui anime votre cœur, se plaigne de ce retard, écoutez-moi ; car je vois que la guerre éclate partout. Vous savez que je suis venue en Pologne, pauvre, obscure et malheureuse ; mais ayant eu recours à votre crédit, j'ai trouvé en vous de la pitié. Vous m'avez ordonné, hélas I de rester dans ce palais sous ce déguisement, et, dissimulant ma jalousie, de me garder d'Astolphe. Il m'a vue, à la fin ; et il a si peu de souci de mon honneur, que, tout en me voyant, il parle à Étoile de nuit dans un jardin. J'en ai pris la clef, et je vais pouvoir vous donner le moyen d'y entrer et de me dàivrer de mes soucis. Là, avec courage et résolution, vous pourrez venir pour me rendre l'honneur, puisque déjà vous êtes décidé à me venger par sa mort.

CLOTALDE.

Il est vrai, Rosaura, que dès l'instant que je t'ai vue, je me suis senti porté à faire pour toi (tes larmes en purent témoigner) tout ce qui me serait possible. La première chose que je prétendis, ce fut de te faire changer de costume, afin que, si par hasard Astolj^e te voyait, il te vit dans celui qui t'appartient, sans être exposé à attribuer à une cause déshonnête ce qui n'aurait été qu'une folle témérité, inspirée par l'outrage fait à l'honneur. Je réfléchissais alors aux moyens de te rendre cet honneur perdu, quand même il aurait îaWu (tîiïvt \'avais à cœur de remplir ce but)

donner la mort k Astolphe. Vois quel embarras imprévu! Aussi bien, comme il n'est pas mon roi, je ne m'épouvante, ni ne m'étonne. Je pensais à lui donner la mort, quand Sigismond a voulu me la donnera moi-même j et Astolphe est accouru, bravant le danger, me donner pour ma défense des preuves de son zèle ; elles furent plus que de la bravoure, mfme de la témérité. Maintenant, comment, remarque-le, l'âme pénétrée de reconnaissance, puisje donner la mort à celui de qui je tiens la vie î C'est ainsi qu'hésitant entre les deux, l'affecrion et le désii de la vengeance, voyant d'un cûté celle à qui j'ai donné la vie, de l'autre celui dont je l'ai reçue, je ne sais à quel parti m'arrèter, et auquel des deux je dois protection. Si je suis obligé envers toi parce que j'ai donné, je le suis envers lui parce que j'ai reçu, Aiaû, dans la circonstance présente, aucune solution ne satisfait mon cœur ; car en même temps c'est moi qui dois agir et c'est contre moi que je dois a(^.

SOSADRA.

Je n'ai pas besoin de toui ia.ppàtï qnB duu un

gentilhomme distingu é, autant il y a JB grandeur i

il y a ^^^^^^^^^^^^^^^^^1

cipe posé, vous ne ^^^^^^^^^^|^^^^|^H

car, A c'est lui ètà ■vaat.* donne la ifl^P^^^;

bassesse, et md Swie un acte de géDérr>^ vous (tes ofienii ^r lui et obligé -pnt ni" moi, en effet, qoevousavi-; i' ■! ir-;i

reçu de lui. Ainsi vous de honneur dans une aussi tj

CLOTALDE.

Devenir ton roî et l'époux d'Étoile.

ROSAURA.

Vive Dieu I cela ne sera pas.

CLOTALDE.

C'est de la folie.

ROSAURA.

Je le sais.

CLOTALDE.

Eh bien, chasse-la.

ROSAURA.

Je ne pourrais.

CLOTALDE.

Mais tu vas . perdre. . .

ROSAURA.

Je le sais.

CLOTALDE.

La vie et l'honneur.

ROSAURA.

Je le crois bien.

CLOTALDE.

Qpe prétends-tu donc ?

ROSAURA.

Mourir.

CLOTALDE.

Prends garde, c'est du désespoir.

C'est de l'honneur.

CLOTALDE.

C'est de l'extravagance,

* ROSAURA.

C'est du courage.

CLOTALDE.

C'est du délice.

ROSAURA.

C'est de la colère, de la rage.

Enfin, n'y a-i-il pas moyen d'éteindre ton aveugle passioD ?

ROSAURA.

CLOTALDE.

Qju viendra à ton

aide?

ROSAOTA.

Moi.

cuyrALDE.

N'y a-t-il s

lueuntt

mêde?

ROSACUJ

Aucun.

CLOTALDE .

Réfléchis, 1

ï'ily«

ait d'autres

ROSAURA.

Me perdre avec un autre moyen. {Eîîe sort.')

CLOTALDE.

Eh bien ! si tu dois te perdre, attends-moi, ma fille, perdons-nous tous les deux. (// sort,)

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