SCÈNE IX
Un lieu retiré dans la campagne.
{On entend les tambours, les soldats en marche paraissent^ CLAIRON et SIGISMOND vHu de peoux,
SIGISMOND
Si Rome dans les triomphes de ses premiers temps me voyait aujourd'hui, comme elle se réjouirait en voyant s'offrir l'occasion si rare d'avoir une bête féroce, qui commanderait ses puissances armées, qui, dans son audace intrépide, estimerait peu de chose la conquête du firmament I Mais abaissons notre vol, ô mon esprit; ne nous enorgueillissons pas de ces applaudissements trompeurs, si je dois souffrir, quand je serai éveillé, de les avoir obtenus, parce qu'ils seront perdus alors. Car moins la joie est vive, moins j'aurai de repos si je la perds.
{On entend le clairon^
CLAIRON
Sur un rapide coursier (pardonnez-moi, il faut que j'en fasse la description, il vient si à propos), qui est une merveille (i) à lui seul : cat son corps, c'est la
1 Mot à mot une carte de géographie^ una mapa.
terre ; l'âme qui l'anime, c'est le feu ; son écume, c'est la mer ; son souffle, c'est l'air. Dans son 4me, son écume, son corps, son haleine, c'est un monstrueux composé de feu, de terre, de mer et d'air. Il est de couleur tachetée, gris-pommelé, ardent au gré de celui qui le pique de l'éperon ; au lieu de courir, il vole ; arrive i vous une femme de bonne
SIGISMOND
Son éciat m'aveugle.
CLAIRON, Vive Dieu ! c'est Rosaura. (Il ten Vi SIGISMOND.
Le ciel me la ramène.