SCÈNE VII
Lts précédents^ LA pensée, la mort.
LA PENSÉE
Arrivez, il est ici.
BALTHASAR
Je pense à la menace de cette main de doit être le châtiment que m'a promis...
LA MORT
Cesl moi.
BALTHASAR
Qjie vois-je, ô ciel ? Ombre, fantôme ou vision, qui me parais avoir une voix et un corps, sans que ta aies ni voix, ni corps, comment es^tu entrée ici ?
LA MORT
Comme le soleil est la lumière, moi, je suis l'ombre ; il est la vie du monde, moi, je suis sa mort. Aussi j'entre comme il entre lui-même ; parce que la lumière et les ténèbres ont des droits égaux.
l'idolâtrie.
Qji'est-ce que cet être, dont la vue l'éloîgne de nous deux ?
BALTHASAR
Comme à chacun de tes pas recule ma présomption I
LA MORT
Parce que tu fais en arrière les pas que je fais en avant.
LA PENSÉE (àpatt).
J'ai fait une faute de l'amener ; mon introduction est une trahison.
BALTHASAR
Qjie me veux-tu ? qui es-tu ? Lumière, ou ombre.
LA MORT
Je suis ton créancier, et je veux te demander ma créance.
LE FES'rm D£ BALTHASMt. 141
BALTHASAR
Qji'est-ce que je te doU ?
LA MORT
Voici ton obligation dans mon livre de comptes. [EUe lire u» Ikiri Je comptes.)
BALTHASAR
C'est un mensonge, une trahison ; car ce compte est à moi, je l'ai perdu.
LA MORT
C'est vrai, mais les comptes que tu perds, je les
BALTHASAR (UsOtlt).
a Moi, le grand Balthasar, fils de Nabuchodono- « sor, je confesse que le jour où je fus conçu dans le ■ sein de ma mère, j'ai été en état de péché ; que « i'â reçu une vie (je suis glacé !) que je dois tendte v à la Mon (quel destin cruel 1) quand elle U demaoa deta. J'en ai passé écriture devant Moïse, témoin»^ « Adam, David et Job. » Je l'avoue, c'est la Ttti;. mais ne m'exécute pas, ob non I [ délai.
LA MORT
Je suis généreuse enven toi, parce
de Dieu ne s'est pas encore dëclarée ; 1
tu te souviennes, Balthasar, que tu es
je te donne cet écrit tracé par la Souvcr
(Elk s'en va en bd iomiaKt .,