SCÈNE VIII
Les précédents^ moins LA MORT.
BALTHASAR (ouvrmt h papier et Usant,)
« Ainsi parle la voix de l'Esprit dans un proverbe : « Tu as été poussière, tu es poussière, et tu seras « poussière. » — Moi, j'ai été poussière, moi qui suis immortel ? je suis poussière, moi qui suis étemel ? je serai poussière, moi qui suis infini ? C'e^ une fourberie, c'est une illusion.
(la pensée tourne autour de balthasar.)
LA PENSÉE
Je suis comme les fous, en eflfet, je donne des tours et détours.
balthasar.
L'Idolâtrie n'est-elle pas une divinité ?
LA PENSÉE
Je viens ici près de vous.
BALTHASAR
La Vanité n'est-elle pas une divinité ?
(LA PENSÉE tourne autour des deux femmes^
LA PENSÉE
C'est maintenant avec vous que je suis.
BALTHASAR
Comme ma pensée voyage, hésitant entre les deux l
l'idolâtrie.
Qjie peut contenir ce papier qui Ta tant éloigné de nous ?
^ (la VANITÉ lui enl^e P écrit,)
LA VANITÉ
Maintenant nous allons le voir.
LA PENSÉE
Belle action I Le souvenir de la Mort, la Vanité le lui enlève.
BALTHASAR
Qji'est-ce que j'éprouve ?
LA VANITÉ
Ce sont des feuilles inutiles, que le vent en fasse son jouet I
{Elle le met en mofceaux et le jette,)
BALTHASAR
Vous étiez ici toutes les deux ?
l'idolâtrie.
Qpe s'est-il passé ?
BALTHASAR
Je ne sais, une ombre, une illusion, qui s'est emp parée de mon imagination, qui a occupé mon esprit* Mais cette ombre a disparu ; son horreur s'est dissi*; pée. Cbioi d'étonnant que la nuit craintive ait pris la fuite, si elle a vu dans vos yeux divins se lever le brillant soleil I Non, ce n'est pas seulement poa*
moi, semble-t-il, qu'a apparu cette lumière qui claire, cette splendeur qui m'éblouit, mais aussi ce jardin, car le disque du soleil demeurait roug< et obscur, jusqu'à ce qu'il vous ait vues ; mais qu'il vous a aperçues, il s'est levé une seconde : Comme vous êtes deux aurores et deux soleils, i] pas osé se montrer sans la permission de toutes deux.
LA VANITÉ. '
Si nous sommes des aurores et des soleils, < l'Idolâtrie qui, à cause de son culte ancien, e soleil ; moi je suis Taurore, car mes rayons moins brillants. Ainsi, c'est à elle que cette v; doit l'éclat dont elle jouit ; car quand elle dor dans les ténèbres, Taurore ne put la tirer du î meil, c'est un autre soleil qui l'a éveillée.
l'idolâtrie.
Je vous accorde que vous soyez l'aurore ; je accorde aussi que moi je sois le soleil, mais je suis inférieure. Car, c'est à la gracieuse candei l'aurore, que le soleil doit ses premières lu Ainsi, la lumière de l'aurore étant la premi^ l'éclairer, doit l'emporter sur celle du soleil ; la mière, en eflfet, elle a pam dans cette vallée, et levée avant lui.
LA PENSÉE
Vous luttez toutes les deux de beauté et d'e; Puisque ce jardin, par le doux appel des fleurs e f entames, vous invite au repos, asseyez-vous si lit de gaxono^a^^^^'^witvQusle printemps. *
y recevrez les caresses des oiseam et du feuillage, qui fout entendre un doux bruissement, au souffle du léphir qui se joue dans les branche» ; les fontaines loucoukntes foat jaillir des gouttes de cristal, des pastilles d'ambre ; la prairie y exhale des parfums. ( Tout s'asuyent, balthasak au naîitu. l'idolatue Im frttid sen àiaftati, d l'tventi avec U panache. ]
l'idolâtrie.
Eh bien, moi, avec le beau panache de plumes qu'a arrangé la Vanité, en les choisissant sur la queue d'un paon, je vais vous éventer.
LA PENSÉE
Ne serait-ce pas plutôt à moi de le faire, moi qui suis la Pensée, léger éventail ? Cependant non, car â mon visage \t ressemble plutôt i un éventail du Japon.
LA VANITÉ
BALTHASAS.
La muàque de l'auroie ne me psmdtra jsmais ■ douce, loisqu'amenant le joui enne deux i lumineux, elle reçoit la bienvenue des perlet ios£e, des Seurs du jaidin, ses icsnn.
L& 'VAKiTË (cbailaii).
Balthattr est nue diniùt , Puisqu'il icfolt daiu np Un culte de l'IdoUtrie, Des templa de la Vuitt